No Terror In The Bang au Hellfest : « Le Hellfest, c’est un sanctuaire où toutes les âmes du métal se réunissent »

no terror in the bangPour sa première participation au Hellfest, No Terror In The Bang a découvert le festival de la plus belle des manières : en tant qu’artiste.

Entre émotion, rencontres, réflexion sur la scène metal actuelle et passion intacte pour la musique, le groupe revient sur une expérience qui marque un parcours.

« Une espèce de sanctuaire »

Eva : Je voulais savoir : qu’est-ce que représente le Hellfest pour vous ?

No Terror In The Bang : On dirait une espèce de sanctuaire où toutes les âmes du métal se réunissent pour partager leur passion commune.

Je pense que le Hellfest, il y a vraiment cette notion de partage qui anime ce festival.

Recrutés à l’ancienne

Eva : Comment vous avez réagi quand vous avez su que vous passiez au Hellfest ?

No Terror In The Bang : Il y a eu deux réactions en chaîne.

Déjà, il y a eu la réaction d’avoir cette opportunité. On a tous ouvert nos agendas et noté la date avant même de savoir si on était libres.

Et puis il y a eu la manière dont ça s’est fait.

On a été recrutés un peu à l’ancienne.

On avait joué une date loin de chez nous. C’était la fin de soirée, on était fatigués, on rangeait le merch avant de reprendre la route.

Et là, Alphonse est venu nous voir.

Il nous a proposé ça directement.

Il était venu au concert, il s’était déplacé pour nous voir jouer.

À la fin du concert, il est venu nous en parler.

Eva : Il vous connaissait déjà ?

No Terror In The Bang : Oui.

Il connaissait déjà les clips, l’univers du groupe.

Il savait qui on était.

Il a une association qui s’appelle Chimeric Prod parce qu’il est lui-même batteur du groupe Chimeric.

Il organise des concerts au Portland, au Mans.

C’est vraiment loin de chez nous.

On avait partagé l’affiche avec Encounters.

Il y avait peut-être vingt personnes, mais c’était une super soirée.

Et à la fin du concert, il nous a dit qu’une chose était de voir un groupe sur Internet, mais qu’en live, on avait assuré.

Composer pour la scène

Eva : Votre musique semble faite pour le live. Quand vous composez, vous pensez d’abord à la scène ?

No Terror In The Bang : Pas du tout.

Je dirais que pour les deux premiers albums, ce n’était pas le cas.

On a une musique assez contemplative.

Ça irait très bien avec beaucoup de scénographie, beaucoup de moyens.

Eva : Le nerf de la guerre.

No Terror In The Bang : Exactement.

Ce qui nous manquait un peu, c’était des morceaux plus rentre-dedans.

Pour le dernier EP, on s’est dit qu’il fallait des morceaux adaptés au live.

Aujourd’hui, on a davantage cette approche.

Du reggae au métal

Eva : J’espère vous voir bientôt dans l’Ouest. Je suis à Nantes et j’aimerais beaucoup vous découvrir sur scène.

No Terror In The Bang : Avec plaisir.

On en parlait justement hier.

Avec Alexis, je me souviens d’une soirée au Ferrailleur il y a une dizaine d’années.

Mais ce n’était pas du tout du métal.

C’était une soirée reggae.

Du coup, on s’est dit qu’on irait peut-être refaire un tour du côté du Ferrailleur.

Pourquoi pas essayer d’y monter une date.

Eva : Comment on passe du reggae au métal ?

No Terror In The Bang : C’est un parcours de vie.

On rentre parfois dans le reggae un peu par hasard.

Comme dans le métal finalement.

On utilise les mêmes instruments.

Le reggae est même beaucoup plus simple à jouer que le métal.

Eva : Il faut quand même que ça groove.

No Terror In The Bang : Exactement.

Le reggae, c’est le message.

Une voix qui se construit toute une vie

Eva : Comment tu travailles ta voix ?

No Terror In The Bang : Je chante depuis que je suis toute petite.

Je pense que c’est quelque chose qu’on travaille toute sa vie.

On apprend constamment de nouvelles choses.

Le chant saturé est arrivé il y a environ sept ans.

Et chaque jour, avec le travail, tu progresses.

Tu améliores ton endurance.

Il y a sept ans, il y avait plein de choses que je n’étais pas capable de faire.

Aujourd’hui, je peux les faire.

Et je pense que dans dix ans, j’en serai encore ailleurs.

On ne cesse jamais d’apprendre.

L’importance des modèles féminins

Eva : Quand tu as voulu chanter dans un groupe de métal, est-ce que tu as eu des représentations féminines qui t’ont inspirée ?

No Terror In The Bang : Oui, complètement.

Je crois que la première fois où je me suis dit que je voulais vraiment faire du métal, c’est quand j’ai vu la vidéo « Pisces » avec Jinjer.

J’étais dans une cave en after avec des amis.

Chacun passait une vidéo sur YouTube.

Et là, un pote met cette vidéo.

Je suis restée scotchée.

Je me suis dit :

« Mais non, c’est une dinguerie. »

Et depuis, je suis tombée complètement amoureuse de ce qu’elle fait.

Eva : C’est beau.

Il faut de plus en plus de représentations féminines.

C’est important pour pouvoir se dire :

« Un jour, j’aimerais être à sa place. »

No Terror In The Bang : Oui.

Et aujourd’hui, heureusement, on en voit de plus en plus.

Une Hellstage pleine à craquer

Eva : Qu’est-ce que vous avez ressenti en montant sur la Hellstage ?

Parce qu’il y avait du monde.

No Terror In The Bang : Oui, il y avait du monde.

On jouait à un horaire qui, normalement, n’est pas forcément évident en festival.

Et finalement, il y avait énormément de monde.

groupe metal

Eva : Le site était déjà plein.

Les gens étaient là depuis la veille.

No Terror In The Bang : Exactement.

Et surtout, les gens sont restés.

Je m’attendais à beaucoup de passage.

Mais non. Ils se sont arrêtés.

Et ils ont écouté.

Ils sont restés jusqu’à la fin.

Puis ils sont venus nous parler après le concert.

On a eu plein d’échanges au bord de scène.

C’était hyper motivant.

Hyper bienveillant.

Les prochains projets

Eva : Quelle est la suite pour vous ?

No Terror In The Bang : On aimerait beaucoup venir jouer à Nantes.

On a quelques dates prévues.

Notamment du côté de Cherbourg et Barfleur.

On a également plusieurs dates à l’automne.

Il faudra continuer à nous suivre pour être au courant de tout ça.

Eva : Et acheter du merch pour vous soutenir.

No Terror In The Bang : Exactement.

C’est indispensable pour les artistes.

Les morceaux qu’ils préfèrent jouer

Eva : Quel morceau vous aviez le plus hâte de jouer aujourd’hui ?

No Terror In The Bang : Moi, c’est « Loved By The Waves ».

C’est un morceau dans lequel je me sens systématiquement habitée.

En plus, il arrive à un moment du set où je suis complètement échauffée.

Je suis vraiment connectée au public.

Aujourd’hui, c’était particulièrement fort.

Eva : Tu as senti que tu emmenais le public avec toi ?

No Terror In The Bang : En tout cas, je me suis emmenée moi-même.

Et je pense que le public a suivi naturellement.

No Terror In The Bang : Pour moi, ce serait plutôt parmi les derniers morceaux sortis.

« Human With High Skills » ou « Moon ».

Mon cœur balance entre les deux.

Découvrir le Hellfest pour la première fois

Eva : Vous étiez déjà venus au Hellfest auparavant ?

No Terror In The Bang : Non, c’était une première fois.

Eva : Et quelle manière de découvrir le festival.

No Terror In The Bang : Exactement.

En plus, en tant qu’artistes, on a eu la chance de voir le site complètement vide.

On a pu prendre conscience de son immensité.

Et puis quand on a vu la foule arriver ensuite…

C’était dingue.

Une évolution collective

Eva : Comment décririez-vous l’évolution du groupe depuis les débuts ?

No Terror In The Bang : Elle a été importante.

Il y a eu beaucoup de changements.

Sur le premier album, il y avait surtout un binôme de composition entre Alexis et Sofia.

Sur le deuxième album, c’était encore majoritairement le cas, mais les autres musiciens ont commencé à proposer des morceaux complets.

Et sur le dernier EP, la composition s’est davantage resserrée autour de Sofia, Alexis et Étienne.

L’évolution a été constante.

Il y a eu beaucoup de transformations.

Eva : Donc tout le monde s’implique finalement.

No Terror In The Bang : D’une manière ou d’une autre, oui.

Avec un objectif commun : construire un set qui fonctionne pour la scène.

« Ne lâchez pas »

Eva : Quel conseil donneriez-vous à un jeune groupe qui rêve un jour de se retrouver au Hellfest ?

No Terror In The Bang : Ne lâchez pas.

Que ce soit pour un groupe ou pour n’importe quel rêve dans la vie.

Il faut y croire.

Et mettre tout en place pour que ça arrive.

Eva : Vous avez mis des choses personnelles de côté pour y arriver ?

No Terror In The Bang : Oui, bien sûr.

La musique représente 98 % de ma vie.

Je me réveille avec la musique.

Je me couche avec la musique.

J’y consacre énormément d’énergie.

Après, je ne dis pas qu’il faut forcément faire pareil.

Mais c’est compliqué aujourd’hui de se démarquer.

C’est compliqué pour les groupes émergents.

Comme c’est compliqué pour les associations qui les font jouer.

On voit des festivals annuler.

Des structures disparaître.

Malgré tout, il continue d’y avoir de belles choses qui émergent.

Et ça, c’est encourageant.

La place des groupes émergents

Eva : Vous avez justement beaucoup parlé de la place laissée aux nouveaux groupes.

No Terror In The Bang : Oui.

On se pose parfois la question.

Quand est-ce que les nouvelles générations auront davantage de place ?

Quand est-ce qu’on laissera plus d’espace à la découverte ?

Parce qu’il y a énormément de talents aujourd’hui.

Et pourtant, ce n’est pas toujours simple d’émerger.

Le public a aussi un rôle à jouer.

Découvrir.

Prendre des risques.

Aller voir des groupes qu’il ne connaît pas forcément.

C’est comme ça qu’une scène continue à vivre.

Le mot de la fin

Eva : Un dernier mot pour les lecteurs ?

No Terror In The Bang : Soutenez les groupes.

Achetez des disques.

Achetez du merch.

Venez aux concerts.

C’est ce qui permet à toute cette scène d’exister.

Et surtout, continuez à être curieux.

Parce que c’est grâce à cette curiosité que les groupes émergents peuvent grandir.

Eva : Merci beaucoup.

No Terror In The Bang : Merci à toi.