Hellfest 2026 – Jour 3 : le royaume du black metal

Quand la Temple est devenu le cœur battant du Hellfest

Bon ok je m’enflamme mais on aime ce genre de journée au hf et les amateurs de ce genre étaient au RDV !

Il y a des journées dont on se souvient pour une tête d’affiche. D’autres pour un concert qui dépasse toutes les attentes.

Et puis il y a celles qui, sans que l’on s’en rende vraiment compte sur le moment, finissent par incarner l’esprit d’une édition tout entière.

Le samedi 20 juin 2026 appartient à cette dernière catégorie.

En arrivant sur le site dès la fin de matinée, une évidence saute aux yeux.

La fatigue des deux premiers jours est bien présente, mais elle ne semble ralentir personne.

Les traits sont un peu plus tirés, les jambes un peu plus lourdes, les voix souvent cassées par des heures de chants et de discussions dans les allées du camping.

Pourtant, les premiers festivaliers affluent déjà vers les scènes, bière ou café à la main, conscients qu’une nouvelle journée marathon les attend.

Au-dessus de Clisson, le soleil ne fait aucun cadeau.

La chaleur s’installe rapidement et enveloppe le festival d’une chape presque étouffante.

Les sculptures monumentales semblent vibrer sous la lumière, les pavés renvoient la chaleur et les longues allées noires se remplissent peu à peu d’une marée de t-shirts à l’effigie de groupes venus des quatre coins du monde.

Le Hellfest a désormais l’habitude de ces épisodes caniculaires.

Les équipes sont préparées, les brumisateurs tournent à plein régime, les points d’eau sont pris d’assaut et les bénévoles rappellent régulièrement les consignes d’hydratation.

On croise des festivaliers qui profitent quelques minutes des cascades artificielles avant de repartir aussitôt vers une scène.

Le programme du samedi est tout simplement vertigineux.

Les Mainstages accueillent quelques-unes des plus grandes formations de la planète metal. L’Altar promet une succession de déflagrations death

Mais, très vite, un autre phénomène attire l’attention.

Tous les chemins semblent mener sous la Temple.

Dès le début d’après-midi, le chapiteau se remplit à une vitesse inhabituelle.

Les habitués connaissent la règle : lorsqu’une affiche black metal de cette qualité est proposée, mieux vaut arriver en avance.

Très vite, les premiers rangs sont occupés, puis les travées latérales, avant que les derniers arrivants ne s’installent à l’extérieur, espérant apercevoir la scène entre deux silhouettes.

Cette année, la programmation de la Temple ressemble presque à une déclaration d’amour au black metal.

Des groupes historiques côtoient une nouvelle génération particulièrement inspirée.

Les approches sont multiples : black atmosphérique, mélodique, symphonique, orthodoxe ou teinté de folk. Une diversité qui rappelle à quel point cette scène continue d’évoluer, loin des clichés qui lui collent encore parfois à la peau.

Ce qui frappe surtout, c’est l’état d’esprit du public.

Contrairement à l’image caricaturale souvent associée au genre, l’ambiance est étonnamment sereine.

Les discussions portent sur les derniers albums, les tournées européennes ou les groupes à découvrir. Les regards sont tournés vers la scène avec une concentration presque religieuse.

Les applaudissements éclatent entre les morceaux avant que le silence ne reprenne naturellement ses droits.

La Temple n’est pas simplement une scène.

C’est un refuge.

À quelques centaines de mètres des Mainstages où les hymnes fédérateurs résonnent devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, on entre ici dans un autre univers. Les lumières se font plus discrètes, les fumées plus épaisses, les décors plus sobres. L’attention se porte avant tout sur la musique.

Et quelle musique !

C’est là toute la magie du Hellfest.

En quelques minutes à peine, il est possible de passer d’un concert de thrash explosif sur la Mainstage à une cérémonie presque mystique sous la Temple. Deux ambiances radicalement différentes, deux manières de vivre le metal, mais une même passion qui rassemble toutes les générations.

Cette diversité est sans doute la plus grande réussite du festival.

Peu d’événements au monde sont capables de faire cohabiter, sans jamais les opposer, les amateurs de black metal le plus contemplatif, les passionnés de death le plus brutal et les fans de nu metal venus chanter à pleins poumons les refrains de leur adolescence.

Pourtant, en ce samedi, une impression domine.

Le black metal semble avoir repris ses droits.

Chaque concert attire davantage de monde que le précédent. Les allées de la Temple restent pleines en permanence. Les discussions entre festivaliers reviennent sans cesse sur les prestations attendues de Gaerea ou encore de Old Man’s Child, dont le retour sur une scène du Hellfest constitue l’un des événements les plus commentés de cette édition.

Gaerea : le visage du black metal moderne

Sous la Temple, Gaerea a confirmé pourquoi il est aujourd’hui considéré comme l’un des groupes les plus fascinants de la scène black metal contemporaine.

Les Portugais n’ont pas besoin d’artifices démesurés pour imposer leur univers.

Dès les premières notes, une tension presque palpable envahit le chapiteau.

Les musiciens, toujours masqués, évoluent dans une lumière froide qui renforce l’atmosphère oppressante de leurs compositions.

Entre déferlantes de blasts, mélodies mélancoliques et longues montées en intensité, le groupe construit un véritable voyage émotionnel où la violence n’est jamais une fin en soi.

Le public, dense et particulièrement attentif, accompagne chaque morceau dans un silence presque religieux avant d’exploser lors des passages les plus rageurs.

Plus qu’un simple concert, Gaerea propose une expérience sensorielle qui illustre parfaitement l’évolution du black metal moderne : intense, introspectif et profondément habité. À l’issue de leur prestation, beaucoup quittent la Temple avec la conviction d’avoir assisté à l’un des grands moments de cette troisième journée du Hellfest.

Old Man’s Child : le moment que tout le monde attendait

Puis arrive le concert qui justifie à lui seul la présence de nombreux festivaliers sous la Temple.

Bien avant l’heure annoncée, le chapiteau est déjà plein.

Les retardataires s’agglutinent à l’extérieur, espérant apercevoir un écran ou distinguer quelques silhouettes entre les piliers.

L’attente est immense.

Lorsque Galder fait enfin son apparition, une ovation impressionnante accueille le musicien norvégien. Il faut dire que revoir Old Man’s Child sur une scène de cette envergure relevait presque du fantasme il y a encore quelques années.

Dès les premières notes, toute attente disparaît.

Le son est massif.

Les guitares retrouvent cette froideur si caractéristique des albums qui ont marqué toute une génération de fans de black metal symphonique.

Galder semble pleinement investi, concentré mais visiblement heureux d’être là. Son plaisir est communicatif.

Autour de lui, les musiciens déroulent un set d’une remarquable précision. Les classiques s’enchaînent, portés par un public qui connaît chaque riff, chaque transition, chaque respiration.

Il ne s’agit pas du concert le plus spectaculaire de la journée.

Mais probablement du plus émouvant.

Parce qu’il raconte quelque chose.

Le retour d’un groupe longtemps absent.

La fidélité d’un public qui n’a jamais oublié ces morceaux.

Et cette capacité qu’a le Hellfest à faire revivre des projets que beaucoup pensaient définitivement rangés dans les souvenirs.

Lorsque les dernières notes s’éteignent, les applaudissements semblent ne jamais vouloir s’arrêter.

En quittant la Temple, une impression domine les conversations.

Le black metal vient de vivre l’une de ses plus belles journées au Hellfest.

Et la suite du programme, aussi prestigieuse soit-elle, aura bien du mal à faire oublier ce moment suspendu.

L’Altar : la perfection

Alors que beaucoup avaient les yeux rivés sur la Temple, l’Altar déroulait sans doute la programmation la plus homogène de tout le festival.

Impossible de parler de cette troisième journée sans évoquer Septicflesh.

Les Grecs n’ont pas simplement donné un concert. Ils ont bâti une cathédrale sonore.

Dès les premières notes, la scène semble changer de dimension.

Les orchestrations monumentales, parfaitement intégrées aux riffs massifs, prennent une ampleur exceptionnelle sous le chapiteau.

Là où certains groupes symphoniques peinent parfois à retranscrire en live la richesse de leurs albums, Septicflesh réussit exactement l’inverse : chaque morceau gagne en puissance.

Le son est immense.

Les nappes orchestrales enveloppent littéralement le public avant d’être balayées par des guitares d’une lourdeur impressionnante.

Derrière les fûts, la batterie martèle un rythme implacable tandis que la voix de Spiros Antoniou apporte cette profondeur presque rituelle qui fait toute la personnalité du groupe.

L’un des grands atouts de Septicflesh réside dans sa capacité à ne jamais sacrifier l’émotion au spectaculaire. Chaque montée orchestrale semble raconter quelque chose. Les passages les plus mélodiques laissent respirer le public avant que les accélérations ne viennent tout emporter.

Pendant une heure, l’Altar cesse d’être une simple scène de festival.

Elle devient un temple antique où death metal et musique symphonique dialoguent avec une évidence déconcertante.

À la sortie du concert, un constat revient dans toutes les conversations : Septicflesh vient probablement de signer l’une des prestations majeures de cette édition 2026.

Et pourtant, la soirée est loin d’être terminée.

Mainstages : entre valeurs sûres, contrastes et communion populaire

Pendant que la Temple célébrait les différentes facettes du black metal et que l’Altar distribuait les claques sonores avec Septicflesh, Carcass et Deicide, les Mainstages proposaient un tout autre spectacle.

Plus fédérateur, plus spectaculaire aussi, mais avec des fortunes diverses.

Le premier grand rendez-vous de la journée avait pour nom Anthrax.

Il suffit de quelques minutes pour comprendre que le groupe n’est sont pas venu faire de la figuration.

Scott Ian arpente la scène avec une énergie intacte, Joey Belladonna harangue la foule avec un enthousiasme communicatif et, dès les premiers riffs, les milliers de festivaliers massés devant la Mainstage répondent présents.

Ce qui frappe avant tout, c’est le plaisir. Celui des musiciens, évidemment, mais aussi celui d’un public qui retrouve un groupe capable de transformer chaque refrain en hymne collectif. Les classiques s’enchaînent avec une fluidité déconcertante, les circle pits fleurissent jusque loin derrière les crash barrières et les premiers rangs vivent chaque morceau comme une véritable célébration.

Anthrax ne cherche pas à réinventer sa formule. Le groupe joue avec le cœur, sans artifice, porté par une sincérité qui fait toute la différence. Dans une édition où plusieurs légendes étaient attendues au tournant, les Américains rappellent qu’une grande prestation ne repose pas uniquement sur la technique ou les effets de scène, mais sur cette capacité à créer une connexion immédiate avec le public.

Quelques heures plus tard, c’est au tour de Megadeth de fouler les planches.

L’attente est immense. Dave Mustaine reste l’une des figures les plus respectées du thrash metal et chaque apparition du groupe demeure un événement.

Pourtant, ce concert laisse un sentiment mitigé.

D’un point de vue strictement musical, difficile de trouver de véritables fausses notes.

Les morceaux sont exécutés avec une précision remarquable, les solos sont impeccables et l’expérience du groupe saute aux yeux.

Mais il manque cette étincelle qui fait basculer une prestation de « très bonne » à « inoubliable ».

L’impression est celle d’un groupe qui déroule son set avec professionnalisme, sans jamais réellement l’habiter. Les échanges avec le public restent limités, les déplacements sur scène sont mesurés et l’ensemble paraît parfois un peu figé.

Le contraste avec Anthrax est inévitable. Là où Scott Ian et les siens semblaient jouer chaque morceau comme si leur carrière en dépendait, Megadeth donne davantage le sentiment d’une démonstration parfaitement maîtrisée, mais dépourvue de cette urgence qui fait vibrer une foule.

Les classiques déclenchent bien sûr leur lot d’ovations, mais plusieurs festivaliers quittent la Mainstage avec ce même constat : techniquement irréprochable, émotionnellement moins marquant qu’espéré.

Behemoth : une grand-messe aussi spectaculaire qu’implacable

S’il y avait encore un doute sur la capacité de Behemoth à dominer une Mainstage, les Polonais l’ont balayé en quelques minutes.

Nergal apparaît dans un décor digne d’un rituel apocalyptique, entre fumées, flammes et jeux de lumières millimétrés. Mais derrière cette mise en scène impressionnante se cache surtout un groupe au sommet de son art.

Chaque morceau est interprété avec une précision chirurgicale, mêlant la violence du death metal à l’atmosphère noire du black metal qui fait l’identité de Behemoth depuis plus de vingt ans.

Le public, totalement captivé, répond par une immense clameur à chaque classique.

Sans jamais tomber dans la surenchère gratuite, le groupe livre un concert d’une puissance rare, aussi intense visuellement que musicalement.

Une prestation magistrale qui confirme une fois encore son statut de tête d’affiche incontournable des festivals européens.

Une journée qui résume l’âme du Hellfest

À l’heure où les derniers festivaliers reprennent le chemin du camping, un sentiment domine : le samedi du Hellfest 2026 restera comme l’une des journées les plus équilibrées et les plus marquantes de cette édition.

Le black metal a trouvé sur la scène si bien nommée : la Temple un écrin à sa mesure, porté par des prestations inspirées et un public d’une fidélité exemplaire.

L’Altar a enchaîné les concerts de très haut niveau, avec un Septicflesh monumental!

Au-delà des concerts, cette journée rappelle surtout ce qui fait la singularité du Hellfest.

Peu de festivals au monde sont capables de faire cohabiter avec autant de naturel le black metal le plus introspectif, le death le plus brutal, le thrash des pionniers et le nu metal des années 2000.

Cette diversité, loin de fragmenter le public, le rassemble autour d’une même passion.

Malgré une chaleur écrasante, l’organisation a une nouvelle fois démontré son savoir-faire, permettant à chacun de profiter pleinement des concerts dans les meilleures conditions possibles.

Entre les espaces de fraîcheur, les points d’eau et la réactivité des équipes, le festival a confirmé qu’il savait conjuguer gigantisme et qualité d’accueil.

Alors que les lumières s’éteignent progressivement sur Clisson, une question flotte déjà dans les conversations : le dimanche pourra-t-il être à la hauteur d’un samedi aussi riche ?

Une chose est sûre, le Hellfest 2026 a déjà prouvé, en cette troisième journée, pourquoi il demeure la référence européenne des festivals de musiques extrêmes.

Galerie photos par Run to The Pict :

Carcass :

la leçon de chirurgie extrême

Pas besoin d’artifices quand on s’appelle Carcass.

Sur l’Altar, les Britanniques ont livré une démonstration de death metal chirurgical, précise et implacable.

Jeff Walker, toujours aussi acerbe, mène les opérations avec son sarcasme habituel tandis que Bill Steer déroule des riffs aussi élégants que tranchants.

La setlist ne fait aucun cadeau : *Buried Dreams*, *Incarnated Solvent Abuse*, *Carnal Forge* ou encore *Corporal Jigsore Quandary* déclenchent instantanément circle pits et walls of death.

Les classiques de *Heartwork* côtoient les morceaux plus récents avec une fluidité remarquable,

preuve que le groupe n’a rien perdu de sa pertinence.

Le final sur *Heartwork* achève un public déjà totalement conquis.

Le son, massif mais parfaitement lisible, met en valeur chaque détail des guitares jumelles et la précision d’une section rythmique implacable.

Ici, pas de bavardages inutiles : Carcass laisse parler la musique, et elle continue de couper aussi profondément qu’au premier jour.

À plus de trois décennies de carrière, les pionniers britanniques rappellent pourquoi ils restent une référence absolue du death metal.

Une prestation sans faute, clinique dans l’exécution, sauvage dans l’impact et, surtout, terriblement efficace.

Au Hellfest, l’autopsie est terminée : le patient est mort… de plaisir.

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Obscura :

OBSCURA – Hellfest 2026 : la précision au service de la puissance

Sur la scène Altar, Obscura transforme le Hellfest en laboratoire de death metal technique.

Mené par Steffen Kummerer, le quatuor allemand déroule une prestation d’une précision redoutable, où chaque riff, chaque changement de rythme et chaque solo semblent exécutés au millimètre.

La technicité impressionne, mais ne prend jamais le pas sur l’intensité. On mangerait des cailloux tiens.

Les titres de A Sonication trouvent naturellement leur place aux côtés des incontournables du répertoire, déclenchant headbangs frénétiques et applaudissements nourris d’un public visiblement conquis.

Les lignes de basse virevoltantes, les guitares ciselées et une batterie d’une régularité presque inhumaine composent un mur de son aussi complexe que percutant.

Malgré la sophistication des compositions, Obscura conserve une vraie puissance scénique.

Le groupe enchaîne les morceaux sans temps mort, laissant parler une musique exigeante mais étonnamment accessible en live.

Les échanges avec le public restent sobres : ici, ce sont les instruments qui racontent l’histoire.

En un peu moins d’une heure, les Allemands démontrent qu’ils figurent toujours parmi les références du death metal technique moderne.

Une performance brillante, maîtrisée de bout en bout, qui confirme qu’Obscura sait conjuguer virtuosité et impact avec une facilité déconcertante.

Une prestation qui fera sans aucun doute partie des grands moments de l’Altar cette année.

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SIDILARSEN 

les remplaçants qui n’ont pas tremblé.

Difficile de ne pas avoir un pincement au cœur en apprenant l’annulation de Static-X.

Beaucoup, moi la première, auraient aimé retrouver l’énergie industrielle des Américains.

Mais au pied levé, Sidilarsen a relevé le défi avec une détermination qui force le respect.

Les Toulousains investissent la scène avec une rage communicative, mélangeant metal, électro et riffs massifs dans une ambiance aussi moite qu’explosive.

Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, portés par un public qui, passé la déception du changement d’affiche, se laisse rapidement embarquer.

Le groupe joue sans complexe, avec une sincérité et une intensité qui font mouche.

Le son est puissant, les refrains fédérateurs et les beats électroniques apportent cette touche industrielle qui, sans remplacer Static-X, permet de conserver une belle cohérence à l’affiche.

Sidilarsen ne cherche jamais à imiter qui que ce soit : il impose son identité, entre engagement, énergie brute et efficacité scénique.

Non, ce n’était pas Static-X, et certains resteront forcément sur leur faim.

Mais jugée pour ce qu’elle était, cette prestation mérite largement les applaudissements.

Un remplacement assuré avec panache par un groupe qui a su transformer une mission délicate en véritable opportunité de marquer les esprits.

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Anthrax :

On en a déjà parlé plus haut ^^

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Crisix :

le thrash comme une immense fête**

Impossible de rester immobile devant Crisix.

Les Espagnols ont transformé la Mainstage en véritable cour de récréation pour thrashers, livrant quarante minutes d’énergie pure où la bonne humeur n’a jamais sacrifié l’agressivité.

Dès les premiers riffs, les circle pits se multiplient et les festivaliers répondent à chaque invitation du groupe avec une ferveur contagieuse.

Porté par les nouveaux titres de *Fast Music* et des hymnes taillés pour le live comme *Bring ’em to the Pit* ou *Ultra Thrash*, Crisix enchaîne sans temps mort.

Fidèle à sa réputation, le groupe mélange vitesse d’exécution, humour et sens du spectacle, allant jusqu’à surprendre le public avec une apparition aussi improbable que déjantée de danseurs sur la fin du set.

Une folie parfaitement assumée qui colle à l’esprit irrévérencieux des Catalans.

Musicalement, la machine tourne à plein régime : riffs acérés, solos flamboyants et une section rythmique qui ne relâche jamais la pression.

Si la prestation ne révolutionne pas la formule, elle rappelle pourquoi Crisix reste l’un des groupes les plus attachants de la scène thrash actuelle.

Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, répondant présent du premier au dernier morceau dans une ambiance explosive.

Un concert festif, fédérateur et survitaminé qui confirme une évidence : quand Crisix monte sur scène, le thrash redevient un immense terrain de jeu.

Old Man Child

Bon ben on en a parlé plus haut !

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ORANSSI PAZUZU

une plongée dans l’inconnu

À mille lieues des codes du metal traditionnel, Oranssi Pazuzu a offert l’une des prestations les plus déroutantes de cette édition 2026.

Sur la scène Temple, les Finlandais n’ont pas cherché à séduire immédiatement : ils ont préféré happer le public dans un tourbillon de black metal psychédélique, de nappes électroniques et de longues montées en tension.

Baigné dans un jeu de lumières hypnotique, le groupe déroule des compositions où les riffs dissonants se mêlent à des textures électroniques oppressantes.

Ici, pas de refrains fédérateurs ni de démonstration technique gratuite : tout repose sur l’atmosphère.

Les morceaux s’étirent, évoluent lentement et finissent par engloutir les spectateurs dans une véritable transe sonore.

Le pari est audacieux, mais largement réussi. Les amateurs de sensations fortes se laissent porter par cette expérience immersive, tandis que les plus curieux découvrent un univers aussi fascinant qu’inquiétant.

Oranssi Pazuzu joue avec les contrastes, alternant explosions de violence et passages presque contemplatifs, sans jamais rompre le fil de son voyage cosmique.

Dans un festival où les concerts les plus spectaculaires rivalisent de décibels, les Finlandais ont choisi une autre voie : celle de l’expérimentation et de la tension permanente.

Une performance exigeante, parfois déstabilisante, mais d’une richesse rare.

Plus qu’un concert, Oranssi Pazuzu a proposé une expérience sensorielle dont on ne ressort pas tout à fait indemne.

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