Le Hellfest 2026 a franchi un cap ce vendredi à Clisson en ce second jour. Récap du premier jour ici !
Entre découvertes marquantes, prestations impeccables et triomphe annoncé d’Iron Maiden, cette deuxième journée a offert un condensé de tout ce qui fait la réputation du plus grand festival metal de France.
Retour sur les temps forts d’un vendredi qui restera comme l’un des sommets de cette édition.
Un vendredi placé sous le signe de la diversité et de la ferveur
Après une première journée déjà particulièrement réussie,
le Hellfest 2026 montait encore en puissance ce vendredi à Clisson.
Sous un soleil écrasant mais c’était quand même le jour le moins chaud des 4 (!)
et devant des dizaines de milliers de festivaliers,
cette deuxième journée a parfaitement illustré ce qui fait la force du plus grand festival metal de France :
une programmation capable de faire cohabiter découvertes prometteuses, valeurs sûres du heavy metal
et monuments incontournables de la scène internationale.
Des Mainstages aux scènes thématiques, le public n’aura jamais eu le temps de souffler.
Entre riffs fédérateurs, émotions progressives et hymnes repris à l’unisson,
cette journée s’impose déjà parmi les moments forts de cette édition 2026.
Return To Dust lance idéalement les hostilités
Il est encore tôt lorsque Return To Dust investit la Mainstage
mais le quatuor américain ne tarde pas à attirer les regards.
Avec un rock moderne nourri d’influences grunge et alternatives,
le groupe profite pleinement de cette exposition pour séduire un public souvent curieux de découvrir les nouvelles sensations de demain.
La fraîcheur des compositions, l’assurance du groupe sur scène
et une prestation sans temps mort permettent aux Américains de signer l’une des premières bonnes surprises de la journée.
Un passage remarqué qui confirme la montée en puissance du groupe sur la scène internationale.
Brothers of Metal transforme Clisson en territoire viking
S’il ne fallait retenir qu’une révélation de ce vendredi, nombreux sont ceux qui pointeraient du doigt Brothers of Metal.
Les Suédois ont livré une véritable démonstration de power metal festif et fédérateur.
Dès les premiers morceaux, la fosse se transforme en immense chorale où chaque refrain est repris avec enthousiasme.
Portés par une présence scénique impressionnante et un sens inné du spectacle, les musiciens enchaînent les hymnes avec une efficacité redoutable.
Les drapeaux se lèvent, les cornes se dressent vers le ciel et l’atmosphère devient rapidement électrique.
Dans un festival parfois dominé par les formations les plus extrêmes,
Brothers of Metal rappelle que la mélodie, l’énergie et le plaisir de jouer restent des armes absolument redoutables.
Accept : la leçon de heavy metal des maîtres allemands
Certaines formations n’ont plus rien à prouver.
Pourtant, Accept continue de monter sur scène avec la même envie qu’à ses débuts.
Face à une assistance compacte, les Allemands déroulent un set exemplaire.
Le son est massif, les riffs tranchants et l’expérience accumulée pendant plusieurs décennies saute aux oreilles à chaque instant.
Sans artifices superflus, Accept livre exactement ce que le public est venu chercher : du heavy metal pur, direct et terriblement efficace.
Une prestation qui démontre une nouvelle fois pourquoi le groupe demeure une référence absolue du genre.
Opeth apporte sa touche d’élégance et de sophistication
Dans un registre radicalement différent, Opeth propose l’un des concerts les plus immersifs de la journée.
Le groupe suédois alterne passages atmosphériques, envolées progressives et séquences plus lourdes avec une maîtrise impressionnante.
Loin de chercher la démonstration permanente, les musiciens privilégient les ambiances et la construction des morceaux, captivant un public suspendu à chacune des évolutions musicales.
La prestation confirme l’excellente forme d’un groupe qui continue, année après année,
de repousser les frontières du metal progressif tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable.
Iron Maiden : le triomphe annoncé de la journée
À mesure que la soirée avance, les allées du festival convergent vers les Mainstages.
La raison est simple : Iron Maiden s’apprête à entrer en scène.
Quelques minutes avant le début du concert, la foule est déjà immense.
Lorsque les premières notes retentissent, Clisson bascule dans une autre dimension.
Bruce Dickinson apparaît en pleine possession de ses moyens, multipliant les déplacements
et les interactions avec le public.
Derrière lui, Steve Harris et ses compagnons déroulent un spectacle parfaitement maîtrisé, alternant classiques incontournables et moments de pure communion.
Les apparitions d’Eddie déclenchent comme toujours l’hystérie collective tandis que chaque refrain est repris par plusieurs dizaines de milliers de voix.
Plus qu’un simple concert, Iron Maiden offre une célébration de l’histoire du heavy metal.
Rarement une tête d’affiche n’aura semblé autant en adéquation avec l’esprit du Hellfest.
Une ambiance exceptionnelle malgré la chaleur
Au-delà des performances scéniques, cette deuxième journée a également été marquée par une ambiance particulièrement positive.
Malgré des températures élevées, les festivaliers ont répondu présents du matin jusqu’au bout de la nuit.
Les fosses ont multiplié les circle pits, les wall of death et les chants collectifs dans un état d’esprit fidèle aux valeurs du festival.
Les espaces de repos, les zones d’ombre et les nombreux points d’eau ont permis au public de tenir le rythme sans que cela n’altère l’énergie générale qui régnait sur le site.
Hellfest 2026 : un deuxième jour qui restera parmi les temps forts de l’édition
Au moment de quitter le site, un constat s’impose.
Ce vendredi du Hellfest 2026 a réuni tous les ingrédients qui font les grandes journées de festival : des découvertes convaincantes, des groupes historiques au sommet de leur art et une tête d’affiche capable de fédérer plusieurs générations de passionnés.
Entre la montée en puissance de Brothers of Metal, la solidité d’Accept, la finesse d’Opeth et le triomphe d’Iron Maiden, cette deuxième journée restera comme l’un des grands rendez-vous de cette édition 2026.
Le week-end est encore loin d’être terminé, mais la barre est désormais placée très haut pour la suite des festivités à Clisson.
La galerie photos par Run to the pict
Blood incantation
Il y a des concerts qui frappent par leur violence.
Et d’autres qui marquent par leur singularité.
Blood Incantation appartient définitivement à la seconde catégorie.
Sur la scène Altar du Hellfest, les Américains n’ont pas livré un simple set de death metal : ils ont ouvert une faille spatio-temporelle où le death metal old school dialogue avec le rock progressif, l’ambient et les grandes explorations cosmiques des années 70.
L’impressionnant Absolute Elsewhere occupe logiquement le cœur du répertoire.
Sur scène, ses longues compositions prennent une ampleur nouvelle.
Les riffs cyclopéens hérités de Morbid Angel s’entrelacent avec des séquences aériennes évoquant davantage Tangerine Dream ou Pink Floyd que les canons habituels du death metal. Pourtant, jamais cette ambition ne dilue l’impact.
Les accélérations restent dévastatrices, la batterie propulse chaque rupture avec une précision clinique et le growl caverneux de Paul Riedl agit comme un fil conducteur dans ce labyrinthe sonore.
Loin des démonstrations techniques gratuites, Blood Incantation maîtrise l’art de la tension.
Chaque montée, chaque respiration, chaque déflagration semble pensée pour entraîner le public toujours plus loin dans cette odyssée cosmique. Les jeux de lumière, sobres mais parfaitement synchronisés, renforcent cette sensation de rituel plus que de concert.
Dans une programmation où le death metal ne manque jamais de représentants, le groupe de Denver rappelle qu’il évolue désormais dans une catégorie à part.
Héritier de Death, Timeghoul et Demilich autant que des pionniers du krautrock et du prog, Blood Incantation continue de redéfinir les contours du metal extrême contemporain.
Au Hellfest, cette vision s’est matérialisée avec une évidence saisissante : ambitieuse, immersive et tout simplement fascinante.
Decapitated :
Comme pour Devangelic sur le jour 1, on était ravis de les retrouver !
S’il est un groupe qui prouve que le death metal peut conjuguer brutalité et précision absolue, c’est bien Decapitated. Sur la scène Altar du Hellfest, les Polonais ont livré une démonstration de force implacable, rappelant pourquoi ils demeurent, plus de vingt-cinq ans après leurs débuts, une référence incontournable du death metal technique.
Dès les premiers riffs, le son est d’une netteté redoutable.
Les guitares de Vogg découpent l’air avec une précision chirurgicale, alternant grooves écrasants, accélérations fulgurantes et harmonies acérées.
Derrière cette mécanique parfaitement huilée, la section rythmique impose une puissance phénoménale, tandis qu’Eemeli Bodde harangue le public avec une autorité naturelle, insufflant une énergie brute à un répertoire déjà taillé pour le live.
La setlist puise intelligemment dans les différentes époques du groupe.
Les classiques côtoient des morceaux plus récents sans jamais casser le rythme, offrant un condensé de ce qui fait l’identité de Decapitated : des compositions d’une complexité impressionnante qui ne sacrifient jamais leur efficacité. Chaque break, chaque changement de mesure et chaque explosion de blast beats déclenchent une réaction immédiate dans un pit en fusion.
Sans artifices ni mise en scène spectaculaire, Decapitated laisse parler la musique.
Une exécution irréprochable, un son massif et une cohésion exemplaire suffisent à transformer leur passage en véritable leçon de death metal moderne.
Au Hellfest, les Polonais n’ont rien eu à prouver, mais ils l’ont fait quand même.
Une performance d’une rigueur impressionnante, où la virtuosité ne prend jamais le pas sur l’agressivité, confirmant que Decapitated reste l’une des machines de guerre les plus redoutables de la scène extrême.
Sinsaenum
Le retour de Sinsaenum sur les terres du Hellfest avait tout d’un événement.
Longtemps resté dans l’ombre après la disparition de Joey Jordison, le collectif piloté par Frédéric Leclercq retrouvait enfin la scène avec cette même ambition : faire exploser les frontières entre death et black metal dans un déluge de violence aussi technique que mélodique.
D’entrée, l’Altar est balayée par une déferlante de riffs tranchants et de blasts sans concession.
Pas de longs discours, pas d’effets de manche : Sinsaenum va droit au but. Les compositions, taillées pour le live, gagnent encore en impact grâce à un son massif qui met en valeur chaque détail des guitares, des harmonies dissonantes aux accélérations les plus féroces. L’ensemble respire la maîtrise, sans jamais tomber dans la démonstration stérile.
Au micro, Sean Zatorsky se montre impérial, alternant growls profonds et vociférations venimeuses avec une aisance déconcertante. Derrière lui, le groupe déroule une mécanique parfaitement huilée où chaque musicien met sa virtuosité au service des morceaux plutôt que de son ego.
C’est là toute la force de Sinsaenum : proposer une musique exigeante sans jamais sacrifier l’impact physique.
Impossible, toutefois, de ne pas ressentir le poids de l’histoire.
L’ombre de Joey Jordison plane toujours sur le groupe, mais loin d’alourdir l’atmosphère, elle semble nourrir une détermination nouvelle. Chaque titre résonne comme un hommage implicite à celui qui avait largement contribué à façonner cette identité hybride, à la croisée du death metal moderne, du black metal scandinave et des influences mélodiques les plus sombres.
Plus qu’un simple retour, Sinsaenum signe au Hellfest une prestation qui rappelle qu’il reste l’un des projets les plus crédibles et ambitieux de la scène extrême.
Dense, incisif et sans la moindre baisse de régime, ce concert confirme que le groupe a retrouvé toute sa puissance de frappe.
Accept
Lire plus haut 🙂
Sepultura
Chaque passage de Sepultura au Hellfest a des allures de retrouvailles.
Cette fois, l’émotion était encore plus palpable.
Engagé dans sa tournée d’adieu, le monument brésilien venait saluer une dernière fois un public qui l’accompagne depuis des décennies. Et s’il fallait une preuve que Sepultura reste une machine de guerre scénique, cette prestation l’a apportée avec une autorité implacable.
À peine les premières notes retentissent que l’Altar explose. Le quartet enchaîne les classiques avec une intensité intacte, porté par une section rythmique d’une puissance phénoménale et les riffs toujours aussi incisifs d’Andreas Kisser. Entre les hymnes de Chaos A.D., Roots ou Arise, le groupe rappelle l’influence colossale qu’il exerce encore sur plusieurs générations de formations extrêmes.
Derrick Green impressionne une nouvelle fois par son engagement total. Véritable maître de cérémonie, il harangue les premiers rangs, multiplie les appels au circle pit et transforme chaque refrain en cri de ralliement. Son charisme et sa présence physique incarnent parfaitement l’esprit d’un Sepultura qui, malgré quarante ans de carrière, refuse toute routine.
Mais au-delà de la nostalgie, c’est bien la rage qui domine.
Chaque morceau est joué avec une urgence presque juvénile, comme si le groupe cherchait à graver une dernière fois son empreinte dans la mémoire du Hellfest. Les rythmiques tribales, les accélérations thrash et les grooves écrasants s’enchaînent sans temps mort, rappelant combien Sepultura a redéfini les contours du metal extrême en y injectant une identité profondément brésilienne.
Pas de démonstration larmoyante pour cette tournée d’adieu. Seulement un groupe au sommet de son art, fidèle à son ADN, venu célébrer quatre décennies de résistance et de musique extrême. Une sortie par la grande porte, à la hauteur de l’héritage laissé par l’un des noms les plus essentiels de l’histoire du metal.
Carach Angren
S’il est un groupe capable de faire de la scène Temple un véritable théâtre d’épouvante, c’est bien Carach Angren. Les Néerlandais n’ont pas simplement déroulé un set de black metal symphonique : ils ont offert une plongée dans leur univers morbide, où chaque morceau s’apparente à un nouveau chapitre d’un conte macabre.
Dès l’entrée en scène, l’atmosphère est saisissante.
Visages grimés, mimiques inquiétantes et présence scénique outrancière installent immédiatement le décor. Mais derrière cette imagerie gothique se cache un groupe d’une redoutable efficacité.
Les orchestrations sombres d’Ardek se fondent parfaitement dans des riffs tranchants et une batterie déchaînée, sans jamais édulcorer la violence du propos.
Le black metal reste le cœur battant de Carach Angren, les arrangements ne faisant qu’amplifier son pouvoir évocateur.
Seregor, véritable maître de cérémonie, captive autant par son interprétation que par son jeu d’acteur.
Chaque titre est vécu, incarné, transformant le concert en une succession de tableaux lugubres où les histoires de fantômes, de folie et de mort prennent vie sous les yeux d’une Temple totalement conquise.
Là où beaucoup de formations symphoniques tombent dans la surcharge, Carach Angren trouve le bon équilibre entre spectacle et agressivité.
L’emphase ne prend jamais le pas sur les compositions, et les passages les plus mélodiques ne font que renforcer l’impact des explosions de violence.
Sans chercher à réinventer sa formule, le trio signe une prestation parfaitement maîtrisée, immersive et profondément théâtrale.
Une heure durant, la Temple s’est transformée en manoir hanté, rappelant que Carach Angren reste l’un des rares groupes capables de faire du black metal un véritable cinéma pour les oreilles… et pour les yeux.
Rotting Christ
Il suffit de quelques notes pour comprendre que Rotting Christ ne joue pas un simple concert.
Sur la scène Temple du Hellfest, les Grecs ont une nouvelle fois transformé leur passage en une véritable cérémonie païenne, portée par une intensité presque mystique.
Loin des artifices, le quatuor mise sur une force de conviction qui ne doit rien au hasard et tout à l’expérience accumulée en près de quarante ans de carrière.
Au centre de ce rituel, Sakis Tolis impressionne par son charisme tranquille.
Sans en faire trop, il mène son groupe avec une autorité naturelle, alternant incantations, riffs hypnotiques et mélodies immédiatement fédératrices.
Chaque morceau prend une dimension quasi liturgique, soutenu par une section rythmique martiale et des guitares qui oscillent entre noirceur black metal et envolées heavy aux accents méditerranéens.
La force de Rotting Christ réside dans cette capacité unique à faire cohabiter violence et mélodie sans jamais perdre en intensité.
Les hymnes s’enchaînent, repris par une Temple totalement acquise à la cause des Grecs.
Les poings se lèvent, les chœurs répondent à Sakis, et l’atmosphère devient presque cérémonielle. Peu de groupes parviennent à instaurer une telle communion avec leur public.
Sans effets de scène démesurés ni démonstration technique superflue, Rotting Christ rappelle qu’il n’a jamais eu besoin d’artifices pour s’imposer. Sa musique parle d’elle-même : sombre, épique et profondément habitée. Une nouvelle démonstration de maîtrise qui confirme que les pionniers grecs continuent d’écrire leur histoire sans céder aux modes, fidèles à une identité forgée dans les flammes du black metal mais enrichie d’influences qui les rendent immédiatement reconnaissables.
Au Hellfest, Rotting Christ n’a pas seulement joué. Il a célébré, fédéré et hypnotisé. Comme toujours.










