Je ne veux pas d’enfant, je vais bien merci

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Article invité avec Jitix de Cogs.Me qui vous avait déjà parlé de jeux vidéos

et qui revient avec un texte plein de sens : être childfree à notre époque.

Croyez-le ou non mais depuis que je dois avoir 7 ou 8 ans, je n’ai jamais souhaité avoir d’enfant.

Alors que tout mon entourage me signifiait que « je changerai d’avis », je vais fêter mes 40 ans dans quelques jours

et, non, je n’ai pas changé d’avis. J’ai même lancé un site un sur le sujet, c’est dire à quel point je suis convaincu.

 

Childfree – Sans enfant par choix

 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours affiché mon non-désir d’enfant.

Un sujet qui a très souvent mené à de l’incompréhension.

Le monde qui nous entoure ayant tendance à nous faire culpabiliser.

En effet suis passé par une phase où je me posais plein de questions : Suis-je normal ? Ai-je un problème ?

Au fil des années et en me construisant, j’ai réalisé à quel point c’était un choix.

J’étais tout à fait légitime à ne pas vouloir devenir père.

Parce que la communauté childfree défend essentiellement cette idée que cela doit être un choix.

Une posture qui révèle un réel malaise quand on creuse un peu le sujet.

En effet, une étude a montré que 20 % des parents regrettaient d’avoir fait des enfants.

Un chiffre particulièrement inquiétant qui montre à quel point bon nombre de personnes se sentent forcées de fonder une famille.

La pression sociale qui s’opère autour de la parentalité est très problématique.

En effet, dans l’inconscient collectif c’est « le but de la vie ». Et si ça n’était pas le but pour tout le monde ?

Pour ma part, ça ne l’a jamais été. Je n’ai jamais pu concevoir mon existence avec des enfants à charge.

Parce que ma vie est remplie par d’autres choses qui ne me laisseraient pas le temps de m’occuper d’eux

et aussi parce que je ne me sens pas en mesure d’élever convenablement un gamin.

Il m’a toujours paru évident que ça n’était pas pour moi et, clairement, que j’avais autre chose à faire de ma vie.

J’ai toujours refusé cette norme établie et à mesure que je rencontrais des personnes dans mon cas,

j’ai réalisé à quel point cette pression sociale était forte et génératrice de tabous très malsains notamment autour du regret de la parentalité que je citais plus haut.

Un sujet dont on parle assez peu finalement et qui renforce cette idée qu’avoir des enfants est la plus belle des choses.

Si faire des enfants peut être très épanouissant pour de nombreuses personnes,

pour d’autres c’est quelque chose qui peut entrainer un réel malaise dans sa vie quand ça ne débouche carrément pas sur des dépressions.

 

Pourquoi devient-on childfree ?

 

A cette question, il n’y a pas une seule réponse.

Comme je l’ai expliqué, dans mon cas, j’ai des activités chronophages qui ne me laisseraient pas forcément le temps pour des enfants

ou alors il aurait fallu faire des compromis qui m’auraient frustrés au quotidien.

Selon moi, ce n’était pas le bon choix pour être heureux.

Alors que la population mondiale pourrait frôler les 10 milliards d’individus d’ici 2050

et que les ressources naturelles commencent déjà à manquer, certaines personnes ne font pas d’enfant par convictions écologiques.

Souvent nommé « GINKS », ce groupe de personnes font ce choix dans le but de freiner la natalité mondiale.

L’Environmental Research Letters avait également publié une étude dans laquelle ils expliquaient que faire un enfant de moins,

c’était plus de 60 Tonnes de Co² par an en moins dans l’atmosphère.

Des arguments de plus pour une communauté souvent incomprise.

Au delà des convictions et des choix personnels, on retrouve aussi un groupe de personne qui ne sont pas en mesure de procréer.

On estime qu’entre 10 et 15 % de la population mondiale serait stérile.

Ces personnes se sont aussi rassemblées autour de communautés « childless » car, ici, il ne s’agit pas d’un choix.

Généralement, elles apprennent à vivre sans enfant et il n’était pas étonnant que certaines affinités se créent avec les communautés childfree. On peut aussi évoquer les personnes isolées qui n’ont pas forcément eu l’opportunité de faire la rencontres qui leur auraient permis de fonder un foyer.

On croise aussi bon nombre de personnes issues de la communauté LGBT+ qui ne peuvent pas forcément faire d’enfant.

Concrètement, les raisons sont nombreuses pour ne pas en avoir et encore une fois, la pression sociale peut être très douloureuse pour ces gens.

 

Accepter et ne pas faire culpabiliser

 

Si j’insiste sur la pression sociale, c’est bien parce qu’en tant que childfree, j’y suis constamment confronté.

Quand on ne veut pas d’enfant, on prend vite conscience à quel point la société qui nous entoure a mis la parentalité sur un piédestal.

Comme beaucoup, vous avez très probablement entendu ces fameuses phrases comme « tu changeras d’avis »,

« que feras-tu si tu rencontres quelqu’un qui en veut » ou « qui s’occupera de toi quand tu seras vieux ? ».

Non, on ne change pas forcément d’avis parce que la société ou son entourage l’a décidé

et que l’on a pas forcément envie de rencontrer quelqu’un qui veut des enfants.

Enfin, il reste important de rappeler que les EPHAD sont remplies de personnes très âgées qui ne voient presque jamais leurs enfants.

Personne ne s’occupe d’elles. Si cela semble très dur, c’est aussi la réalité

et, selon moi, faire des enfants pour cette dernière raison, c’est la pire des choses.

Ne pas vouloir d’enfant ne signifie pas que l’on ne les aiment pas ou que l’on est égoïste.

Les quelques raisons que j’ai évoqué ici montre bien que certaines personnes font ce choix justement

pour offrir un avenir meilleur à la planète et, par extension, aux enfants des autres.

Le véritable égoïsme serait, je crois, de faire des enfants comme on adopterait un chien ou un chat.

Je sais qu’il y a beaucoup de mamans qui lisent ce blog et vous êtes les mieux placées pour savoir à quel point cette tâche ne doit pas se prendre à la légère.

Alors si vous rencontrez quelqu’un qui n’en veut pas, c’est probablement pour de bonnes raisons.

Il n’est pas toujours nécessaire de « vendre » la parentalité a quelqu’un qui ne veut pas de cette vie.

Dans mes multiples rencontres, c’est probablement le témoignage de cette mère qui m’a le plus bouleversé qui, basiquement,

a fait des enfants pour suivre le mouvement de son entourage.

Elle m’avait expliqué à quel point sa vie n’était pas aussi épanouissante que prévue.

couple sans enfants - childfree

La parentalité est un choix, pas une obligation

 

Ce qu’il faut surtout retenir de tout ça, c’est que faire des enfants n’est pas anodin et demande une réelle implication au quotidien.

C’est un travail de tous les jours et il faut être prêt à cela avant de se lancer. P

arce que cela doit rester un choix et non pas une obligation comme notre société semble nous le faire croire.

Il est très important d’écouter ses envies et de vivre sa vie comme bon nous semble.

Cette fameuse pression sociale fait prendre de mauvaises décisions

et il est nécessaire de respecter ceux qui peuvent avoir des doutes ou qui sont décidés à ne pas avoir d’enfant.

Le plus important restant de savoir ce qui nous rendra heureux car le véritable but de la vie, c’est bien ça.

Une chose est certaine, à force de rencontres j’ai compris qu’il y avait encore beaucoup de tabous et de non-dits sur la parentalité.

Peut être que l’on nous a vendu cela comme le choix idéal à une époque

et, aujourd’hui, on se retrouve justement avec des personnes qui n’auraient peut être pas du enfanter.

De manière plus générale, il est important de n’écouter que soi dans sa quête du bonheur.

Si cela doit passer par la famille, tant mieux mais si c’est tout autre chose qui vous rend heureux,

il n’y a pas de raison de suivre une norme établie qui, au final, peut avoir un impact très négatif sur votre existence.

Chacun est libre de ses choix et même si cela ne plait pas à tout le monde, c’est votre vie

et il n’y a que vous qui savez ce que vous voulez réellement.

Enfin, j’aimerais préciser que les personnes sans enfant représentent près 10 % de la population mondiale.

Un chiffre en progression depuis quelques années.

Si vous ne voulez pas d’enfant, vous n’êtes pas seul et vous avez tout à fait le droit d’être childfree.

 

Et vous, êtes vous childfree ?

Y avez vous pensez ? Si vous avez des enfants, avez vous senti cette pression sociale ?

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14 Responses

  1. CamilleG

    Coucou ! Bel article. Je trouve qu’il est top. C’est tellement compliqué de gérer cette pression sociale. Comme toi, je ne rêve pas depuis petite d’avoir un bébé. Ce n’est pas le rêve de ma vie ! Mais j’aimerais tout de même avoir un mini-moi 😀 mais effectivement, il faut vivre sa vie comme on le veut, pas pour les autres. Je t’embrasse !

  2. Maman Écureuil

    Hello, j’avoue qu’avant de connaître mon mari, je ne savais pas trop si j’avais envie d’un enfant. L’idée était sympathique mais sans plus. J’avais envie d’être « libre » et de faire des choses pour ma pomme. Et puis j’ai changé d’avis quand l’idée d’avoir un mélange de nous deux est arrivée. Car je n’avais jamais aimé autant un homme que mon mari. Je comprends totalement qu’on ne veuille pas d’enfant. C’est un choix. Et franchement le monde actuel donne envie de réfléchir à deux fois avant d’enfanter. C’est un choix personnel et personne ne doit juger.

  3. Les tests de Stéphanie

    JE peux comprendre , chacun ses choix je respecte ses personnes

  4. Lexou

    J’ai toujours voulu en avoir et je l’ai su très tôt, par ailleurs je trouve qu’assumer de ne pas en vouloir est une très bonne chose, c’est comme avoir un enfant unique (ma fille la été pendant neuf ans et on nous a répété pendant neuf ans que c’était bien) avoir un enfant c’est un tsunami dans sa vie alors si on est pas prêts il vaut mieux ne pas en faire plutôt que de souffrir et faire souffrir

  5. Laura

    Coucou,

    Personnellement, je ne comprends pas les gens qui se donnent le droit de juger les choix des uns et des autres à être parents ou non. Ce n’est pas eux qui vont élever ou non l’enfant après.

    Ici, j’ai toujours voulu en avoir un, assez tôt, afin de pouvoir partager beaucoup de choses avec. Mon fils va avoir 10 ans dans quelques mois et j’ai eu 30 ans il y a quelques semaines et c’est très bien comme ça ! MAIS, j’ai le droit sans arrêt à des « c’est quand le 2ème » , « c’est pour quand la petite fille » , « deux c’est mieux, c’est le choix du roi » ; « tu va en faire un enfant roi  » ! C’est d’un pénible !

    Belle soirée,
    Laura – Happy Lobster

  6. cici

    c’est un super article ! beaucoup devrait le lire et on devrait normaliser le fait qu’une personne ne souhaite pas avoir d’enfant.

  7. Véronique

    Je crois que le non-désir d’enfant résonne nécessairement avec sa propre enfance, qu’elle fut heureuse ou pas, et renvoie aussi à une conscience aiguë de la responsabilité intime et sociétale qu’est d’avoir des enfants. Pour cela, les childfree sont sans doute potentiellement les meilleurs parents du monde, et justement ils choisissent de ne pas en avoir pour de vraies, bonnes et justes raisons.
    Moi je n’en ai pas eu le désir et tout va très bien. C’est mon choix de femme libre, aucun souci, aucun rejet, aucune critique, la question ne se pose simplement pas. Je porte mon choix sans en faire un étendard.
    Chouette article !

    • Jiti

      Je suis assez d’accord avec ça. Je pense que j’ai rapidement eu conscience que je n’aurais pas forcément été à la hauteur de la tâche et que le mieux était encore de ne pas faire d’enfant. Finalement le plus dur, ça a toujours été la pression sociale alors que sur le principe, c’était la meilleure chose à faire de mon point de vue. Je préfère être un bon childfree qu’un mauvais père. 🙂

  8. Rowenabookine

    Merci pour ce chouette article, un sujet dont il faut vraiment parler.
    J’ai 30 ans et pour l’instant je ne suis pas encore sûre de vouloir un enfant. Et pourtant j’ai l’impression que c’est tout ce que les gens attendent de moi.
    On a encore du mal à avancer les mentalités sur ce sujet.

  9. Lilie

    Coucou,
    Très beau témoignage, émouvant. Le pois de la société est terrible, pour ce sujet, mais aussi dans beaucoup d’autre domaine.
    C’est quand même pas normal de devoir se « battre » pour pouvoir vivre la vie que l’on a envie de mener, même si elle n’est pas dans les standards de la société.
    Bref, vaste sujet que de « faire partie » d’une minorité, devoir se regrouper pour exister…
    Bonne journée.
    Lilie

  10. Mathilde

    pareil je veux pas d’enfant et je suis très heureuse ainsi ! au début je pensais que je voudrais des enfants plus tard mais plus je vieilli plus c’est niet. maintenant j’ai 35 ans et je sens qu’au fond de moi ma décision est prise définitivement. C’est intéressant d’avoir le retour d’un homme sur le sujet car j’avais l’impression que vous étiez tranquille avec la pression sociale sur ce côté là !

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