Jeu vidéo : De la princesse en détresse à l’héroïne badass

Classé dans : Pop culture | 15

On parle jeu vidéo sur le blog avec un invité !

Je profite de l’opportunité pour me présenter rapidement, je suis Jiti, rédacteur depuis de longues années

et j’ai récemment lancé le site Cogs.Me qui traite de la pop culture dans son ensemble.

Mon idée est d’aller un peu plus loin que la plupart des sites du genre

et je tente d’avoir quelques réflexions autour de ces médias qui ont beaucoup de choses à raconter.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de jeux vidéo et plus précisément de l’inclusivité et de la diversité au sein de ce divertissement.

 

Des années 70 à nos jours

 

Mine de rien, le média jeu vidéo n’est pas réellement quelque chose de récent.

Son histoire a démarré dans les années 70 où les capacités des machines limitaient beaucoup les histoires que l’on pouvait nous raconter. Difficile de faire passer un message dans Space Invaders ou un Pac-Man, vous en conviendrez.

Dès le début de ce média, un sexisme s’est installé.

On imaginait mal les femmes pouvoir être intéressées par les jeux vidéo.

Une posture probablement inhérente aux mœurs de l’époque qui n’était pas forcément toujours réjouissantes.

Toujours est-il que les publicités pour ce divertissement s’adressaient systématiquement aux jeunes garçons.

On imaginait mal les petites filles jopuer à ces jeux.

Il était donc normal d’incarner un Mario qui partait à la rescousse de la pauvre Princesse Peach

qui ne cesse de faire enlever depuis presque 40 ans.

Quelque chose me fait dire que le service de sécurité de son château n’est pas très efficace.

Malgré une crise qui aura failli coûter la vie à cette industrie, c’est Nintendo qui aura probablement sauvé le secteur avec sa NES

et un contrôle qualité plus poussé.

Ce média est devenu plus riche et de nombreuses sociétés se sont également lancées dans l’aventure par la suite.

Rapidement le marché a pris de l’ampleur et ce jouet pour enfants a commencé à devenir plus mature dans les années 90

avec l’avènement de la 3D qui permettait de proposer des choses plus « réalistes ».

On a alors commencé à voir apparaitre des titres pour adultes.

Le jeu vidéo n’était plus un jouet mais bel

et bien un divertissement et la cible de ces entreprises à commencé à changer

et la tranche d’âge des joueurs s’est élargie.

C’est à ce moment que l’on a commencé à réellement voir apparaitre des personnages féminins.

 

Lara Croft, l’héroïne par et pour les hommes

 

Difficile d’être passé à côté du phénomène Tomb Raider dans lequel on incarnait Lara Croft, une belle héritière qui arborait une poitrine XXL.

Un personnage qui a été pensé pour une cible de gamers masculins.

Si sur le fond, c’était plutôt une femme forte, sur la forme c’était plus un vieux fantasme d’adolescent.

Pour moi, c’est le meilleur exemple qui montre comment le média a évolué.

Aujourd’hui Lara Croft est personnage très profond avec ses forces et ses faiblesses.

La dernière trilogie en date a réellement amélioré son image sur ce média.

Concrètement on est passé de la bimbo sexy à une femme avec une personnalité intéressante.

Bien qu’il y ait encore du chemin à faire, de nos jours, ce genre d’héroïnes ne sont plus rares et c’est réjouissant !

Jeux vidéo Lara Croft

On peut aussi évoquer l’imagerie masculine qui est véhiculée.

De manière générale, on a souvent affaire au « bonhomme » au physique bodybuildé qui sauve le monde et « se tape la meuf » à la fin.

Même en tant qu’homme, je commence à faire une overdose de cet archétype qui, d’une part

est vraiment cliché et pose aussi un véritable problème d’immersion.

Difficile de se reconnaitre dans ce genre de personnage irréaliste.

D’autant plus que ce modèle repose beaucoup sur des idées masculinistes

qui n’aident pas franchement à faire avancer les choses en terme d’égalité femmes-hommes.

Je crois que ce mythe qu’un homme se doit d’être fort participe beaucoup à creuser les inégalités, justement.

Fort heureusement, l’écriture de ces personnages commence à évoluer et on voit apparaitre des héros avec leurs failles.

C’est beaucoup plus intéressant scénaristiquement

et cela montre une autre facette de la masculinité, selon moi.

 

Des clichés bien ancrés

 

Récemment, l’affaire Ubisoft a bousculé l’industrie du jeu vidéo.

De nombreux témoignages faisaient état de harcèlements sexuels et de sexisme.

Si l’entreprise semble avoir fait le ménage dans son management,

cet évènement a montré un certain état d’esprit qui règne dans ce secteur

et qui, inévitablement, s’en ressentait dans les produits qui étaient proposés aux joueurs.

On parle même de certains dirigeants qui pensaient qu’un personnage féminin empêcherait un jeu de bien se vendre (malgré le fait que les contre-exemples ne manquent pas).

Malheureusement, cela ne semble pas être des cas isolés

mais bel et bien un état d’esprit très ancré dans beaucoup de sociétés du milieu.

La communauté gaming n’échappe pas non plus à ces idées nauséabondes.

Nombreux sont les cas de harcèlement en ligne auprès de joueuses ou de femmes qui évoluent dans le milieu du jeu vidéo.

Idem dans les jeux en ligne où le simple fait d’être une femme est souvent l’occasion de blagues beaufs

ou sexistes quand il n’y a carrément pas de la drague lourde.

Il n’est pas rare que les joueuses coupent purement

et simplement le tchat vocal et se font passer pour un homme afin d’avoir la paix.

Concrètement, il y a encore beaucoup d’éducation à faire et si ça peut passer par le média lui-même, pourquoi pas ?

S’il est peu probable qu’un divertissement puisse changer les mentalités,

il peut tout de même poser quelques petites graines qui peuvent germer avec le temps.

 

Plus de représentations

 

La communauté LGBT+ joue également beaucoup pourtant en terme de représentativité,

les personnages homosexuels ou transgenres se font rares dans la plupart des productions.

Toutefois, on sent bien qu’un certain changement est en train de s’opérer depuis quelques temps.

On peut notamment citer le studio Dontnod qui a très à cœur de proposer des protagonistes avec des sexualités différentes

et qui s’intègrent parfaitement à la narration et apportent réellement un plus en terme d’écriture.

J’en profite pour vous recommander chaudement les titres Tell Me Why

et la série des Life is Strange qui sont excellents si vous aimez les belles histoires.

Certains jeu proposent aussi la création de personnages

et de nouvelles options sont apparues dans certaines productions récentes

comme la possibilité de porter des vêtements masculins ou féminins quelque soit le sexe.

Un tout petit détail mais qui laisse le choix aux joueur de se créer un avatar qui leur ressemble.

On peut aussi citer Cyberpunk 2077 qui permet de choisir ses organes génitaux quelque soit le type de physique choisi.

Encore une fois, ça ne change pas le monde mais la possibilité est offerte et c’est une bonne chose.

Le jeu de CD Projekt permet aussi d’avoir des aventures amoureuses avec plusieurs protagonistes qui peuvent être hétéros ou homos.

Un petit pas en avant qui permet aussi de sortir de son hétérosexualité le temps d’un jeu.

Après tout, ce média est là pour nous proposer des expériences nouvelles.

cyberpunk

Bien que l’on sent que les studios ont très envie d’introduire

ce genre de personnages sans forcément vouloir faire du pink washing,

il reste encore du chemin à faire quand on voit la violence de certains commentaires de joueurs

lorsque des personnages sortent un peu de cette « hétéro-normalité ».

On peut citer le cas de The Last of Us part. 2 qui a subit des vagues de violences en ligne

parce que l’héroïne entretient une relation homosexuelle

et que le personnage féminin d’Abby est musclé.

Parce que, voyez-vous, une femme musclée dans un monde infesté de zombies

ça ne semble pas crédible aux yeux de la communauté masculiniste.

C’est vrai quoi, ça n’est pas parce que c’est la fin du monde que vous ne devez pas rester féminine enfin !

 

Faire évoluer les mentalités

 

Même si l’on sait que les divertissements n’ont que très peu d’impact sur une société,

le fait de montrer des personnages de tous horizons permet aussi de créer une certaine « normalité ».

C’est probablement la chose la plus importante finalement.

Il reste vraiment beaucoup de travail à accomplir

mais la tendance générale dans tous les milieux du divertissement montrent bien qu’il y a une réelle envie de représentativité.

Parce que sur le fond, la plupart des gens souhaitent tout simplement être heureux tels qu’ils sont sans avoir à subir du jugement

ou des remarques déplacées juste parce qu’ils ne rentrent pas dans certains standards de notre société.

Pour avoir fait le choix de ne pas avoir d’enfant, je peux vous dire que ça n’est pas toujours simple au quotidien.

Un autre sujet qui me tient aussi particulièrement à cœur.

Etant childfree depuis toujours, c’est peut être une chose que je pourrai aborder ici une autre fois si le sujet vous intéresse.

N’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire !

Faire partie d’une minorité n’est pas toujours de tout repos.

Avoir des modèles est une bonne chose.

Surtout quand on sait que le jeu vidéo est très prisé par les plus jeunes,

on se dit qu’il peut aussi avoir un rôle éducatif et pourquoi pas ouvrir le dialogue sur ces sujets dans le cadre familiale.

Parce que le jeu vidéo est maintenant loin de ce qu’il était dans les années 70,

il conserve toutefois encore cette image de « jouet »

mais, très clairement, ce divertissement n’a plus rien à envier au cinéma, la musique et à toutes les autres formes d’arts.

Car oui, le jeu vidéo est un art.

Rendez-vous sur Hellocoton !

15 Responses

  1. Cicitrouille

    Waouh ! je n’aurai jamais pensé voir sur ce blog, un article sur les jeux vidéos !
    Je ne joue presque jamais aux jeux vidéos car ça ne m’intéresse pas, mais cet article me la fait voir d’un autre œil… En effet, je n’ai jamais pensé qu’un jeu vidéo pouvait être un art… Et j’avais bien tord !

  2. Olive banane et pastèque

    Qu’est-ce que j’ai pu jouer à Lara Croft…. J’avais l’impression d’etre moi meme la badass 🙂 mais c’estvrai qu’il est rare que les jeux mettent en escène un personnage principal féminin, meme si on en voit de plus en plus !

  3. Olivia Ladybird

    Coucou ! J’ai trouvé ton article super intéressant et je suis totalement d’accord avec toi ! J’allais justement citer Life is strange mais tu l’as fait dans ton article. C’est vrai que les mentalités évoluent, seulement c’est dommage que ça n’évolue pas plus vite (comme dans tous les domaines de notre société d’ailleurs ^^’)

  4. Maman Écureuil

    Hello, et bien un article super intéressant. Top d’avoir un invité qui nous parle des jeux vidéos et de ce que cela dégage. C’est super intéressant. J’ai énormément joué aux jeux vidéos étant jeune. Je suis une adepte de Final Fantasy. Il y a d’ailleurs aussi des héroïnes qui ont du chien dans les FFF. Et je suis totalement d’accord: le jeu vidéo est un art. Belle journée à toi.

  5. Laura

    Coucou,

    Effectivement, il y a beaucoup de clichés dans le monde du jeux vidéos !
    J’ai rencontrer les personnes d’Ubisoft Canada, pour travailler chez eux en tant que Dev, ce n’était que des femmes, alors ça doit vraiment dépendre, mais dans ce milieu, vaut mieux avoir du caractère !

    Sinon, j’adorais Tomb Raider, j’adore aussi The Last of Us comme jeu !

    Belle soirée,
    Laura – Happy Lobster

  6. Julesetmoa

    Je ne suis pas du tout jeux vidéos mais mes enfants oui. Ce n’est pas forcément les jeux qui leur ouvrent l’esprit mais certains youtuber axés jeu, qui portent des fois de beaux messages et qui en effet ouvrent le dialogue à la maison

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *