Santé mentale : pourquoi prendre soin de soi et des autres ?

On parle de plus en plus de santé mentale, et c’est une bonne chose.

Longtemps mise de côté, parfois entourée de préjugés, elle commence enfin à trouver sa place dans les conversations du quotidien. Pourtant, il reste encore du chemin à parcourir.

Parce que la santé mentale ne concerne pas uniquement les personnes qui traversent une dépression, souffrent d’anxiété

ou vivent avec un trouble psychique.

Elle nous concerne toutes et tous, sans exception.

Nous avons toutes et tous une santé mentale.

Elle fait partie intégrante de notre santé, au même titre que notre santé physique.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’est pas figée.

Elle fluctue au fil des jours, des expériences, des rencontres et des événements de la vie. On peut se sentir parfaitement bien pendant plusieurs mois, puis traverser une période plus compliquée.

Une mauvaise nouvelle, un deuil, une séparation, des difficultés professionnelles, des problèmes familiaux, une accumulation de fatigue ou simplement une période de changements peuvent venir bousculer notre équilibre.

Et ce n’est pas une faiblesse. C’est tout simplement humain.

Prendre soin de sa santé mentale ne devrait donc pas être réservé aux moments où l’on ne va vraiment plus bien.

C’est une attention à cultiver au quotidien, pour soi, mais aussi pour les personnes qui comptent réellement dans notre vie.

Nous avons toutes et tous une santé mentale

Il existe encore une idée assez répandue selon laquelle parler de santé mentale revient forcément à parler de maladie mentale.

Pourtant, les deux notions ne se confondent pas.

La santé mentale correspond à notre équilibre psychologique et émotionnel.

Elle influence notre façon de penser, de ressentir, de réagir, de prendre des décisions, de gérer les difficultés et d’entretenir nos relations avec les autres.

Elle peut être bonne, plus fragile ou se dégrader selon les périodes.

On peut avoir une vie qui semble parfaitement équilibrée sur le papier et pourtant ne pas se sentir bien intérieurement.

À l’inverse, on peut traverser des difficultés sans nécessairement souffrir d’un trouble psychique.

Il n’existe pas de parcours parfaitement linéaire.

Nous ne sommes pas des machines programmées pour fonctionner de la même façon tous les jours.

Il y a des périodes où tout semble rouler, où l’on déborde d’énergie et d’envies, et d’autres où le moindre imprévu devient une montagne.

Accepter que notre santé mentale puisse fluctuer, c’est déjà comprendre qu’elle mérite de l’attention, même lorsque tout semble aller bien.

La charge mentale, le stress et cette impression de devoir tout gérer

Entre le travail, la vie familiale, les obligations administratives, les rendez-vous, les imprévus et les responsabilités du quotidien, il y a parfois de quoi avoir le cerveau en surchauffe.

On pense à tout, tout le temps.

Aux courses, aux anniversaires, aux dossiers à terminer, aux personnes à rappeler, aux vacances à organiser

et à cette fameuse liste de choses à faire qui ne semble jamais diminuer.

À cela s’ajoutent les sollicitations permanentes, les notifications, les informations parfois anxiogènes

et cette impression de devoir être disponible partout et pour tout le monde.

La fatigue physique se voit parfois. La fatigue psychologique, beaucoup moins.

On peut continuer à travailler, à sourire, à sortir, à s’occuper de sa famille

et à répondre que tout va bien alors que, derrière, on commence sérieusement à manquer de ressources.

C’est aussi pour cette raison qu’il est important d’apprendre à reconnaître les signaux :

une fatigue qui ne disparaît pas, une irritabilité inhabituelle, des troubles du sommeil, une perte d’envie, des difficultés à se concentrer ou une sensation de pression permanente.

Ces signes ne signifient pas nécessairement que l’on souffre d’un trouble psychique, mais ils méritent que l’on s’y intéresse.

Et surtout, inutile d’attendre d’être complètement épuisée pour réagir.

On a parfois tendance à minimiser ce que l’on ressent, à se dire que ça ira mieux demain ou que d’autres ont certainement des problèmes plus importants.

Pourtant, il n’y a pas de compétition dans le mal-être. Ce que l’on ressent mérite d’être entendu.

Prendre soin de soi n’est pas un luxe

On nous conseille régulièrement de ralentir, de faire du sport, de méditer, de lire, de sortir prendre l’air ou de s’accorder une pause.

Toutes ces petites habitudes peuvent contribuer à notre équilibre.

Mais prendre soin de sa santé mentale va bien au-delà d’une séance de yoga ou d’un dimanche sous un plaid.

C’est aussi savoir poser ses limites, accepter de ne pas pouvoir tout faire, apprendre à dire non sans culpabiliser et arrêter de vouloir répondre à toutes les attentes.

C’est prendre le temps de voir ses amis, de faire une activité que l’on aime, de sortir, de rire, de se déconnecter un peu des écrans ou simplement de ne rien faire.

C’est parfois annuler un rendez-vous parce que l’on est fatiguée, ne pas répondre immédiatement à un message ou accepter que la maison ne soit pas parfaitement rangée.

Bref, comprendre que nous n’avons pas besoin d’être productives à chaque minute de la journée.

Prendre soin de soi, c’est aussi accepter de demander de l’aide lorsque l’on en ressent le besoin.

Parler à un proche, consulter son médecin ou se tourner vers un professionnel de santé mentale ne devrait jamais être considéré comme un échec.

Il ne faut pas attendre d’être au bout du rouleau pour s’autoriser à prendre soin de soi.

Nous avons parfois tendance à considérer ces moments comme secondaires, à les repousser à plus tard, après le travail, après les enfants, après les obligations.

Sauf que ce fameux plus tard arrive rarement tout seul.

Prendre soin de soi n’est pas égoïste. C’est aussi une façon de préserver son équilibre et de pouvoir continuer à avancer.

Prendre soin des autres, oui… mais pas à n’importe quel prix

La santé mentale est personnelle, mais elle est aussi influencée par les relations que nous entretenons avec les autres.

Notre entourage peut être un véritable soutien, un refuge dans les périodes compliquées, une présence qui aide à garder la tête hors de l’eau. Mais encore faut-il que ces relations soient réciproques.

Prendre soin des autres, être à l’écoute, prendre des nouvelles, proposer son aide : tout cela compte. Mais il ne faudrait pas oublier une chose essentielle : nous n’avons pas à nous oublier pour prendre soin de tout le monde.

Il y a les personnes qui sont là, vraiment.

Celles qui prennent de vos nouvelles sans attendre quelque chose en retour, qui savent écouter sans juger, qui vous tendent la main lorsque ça ne va pas et qui ne disparaissent pas dès que la vie devient un peu moins simple.

Celles qui vous soutiennent dans vos projets, respectent vos difficultés et se réjouissent sincèrement de vos réussites.

Et puis il y a les relations à sens unique.

Celles dans lesquelles vous êtes toujours disponible, toujours à l’écoute, toujours prête à rendre service, mais où votre propre bien-être semble finalement assez secondaire.

À force de donner sans recevoir, on peut finir par s’épuiser.

Prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi savoir reconnaître ces différences.

Accepter que certaines relations prennent plus qu’elles n’apportent, poser des limites et parfois prendre de la distance.

Ce n’est pas forcément être égoïste ou manquer de cœur.

C’est simplement comprendre que notre énergie et notre disponibilité ne sont pas illimitées.

Alors oui, prenons soin des autres.

Mais prenons surtout soin des personnes qui comptent réellement, de celles qui sont présentes et qui nous soutiennent aussi lorsque nous en avons besoin.

Entretenir ces liens, envoyer un message, proposer un café, prendre le temps d’écouter ou simplement rappeler à quelqu’un qu’il compte pour nous : ces petites attentions ont une vraie valeur.

Et surtout, n’oublions pas les personnes qui semblent toujours fortes, celles qui rassurent, qui aident et qui sont souvent le pilier des autres.

Elles aussi ont besoin qu’on leur demande comment elles vont.

Savoir écouter et libérer la parole

Combien de fois demandons-nous à quelqu’un comment il va sans vraiment prendre le temps d’écouter la réponse ?

Combien de fois répondons-nous automatiquement « ça va » alors que ce n’est pas franchement le cas ?

Nous ne sommes pas toujours très doués pour parler de ce qui ne va pas.

Par peur du jugement, de déranger, de paraître fragiles ou simplement parce que nous ne savons pas comment mettre des mots sur ce que nous ressentons.

Pourtant, un simple message, un appel ou une vraie conversation peuvent parfois faire beaucoup de bien.

Un proche qui s’isole, une amie qui ne donne plus beaucoup de nouvelles, un collègue habituellement dynamique qui semble épuisé…

Il n’est pas toujours facile de savoir ce qui se passe derrière les apparences.

Pas besoin d’avoir les bons mots, ni de trouver immédiatement une solution.

Être présent, écouter sans juger et laisser la personne s’exprimer est déjà précieux.

Il faut aussi apprendre à ne pas minimiser ce que les autres ressentent.

Un « tu devrais relativiser », « il y a pire ailleurs » ou « ça va passer » part parfois d’une bonne intention, mais peut donner à la personne le sentiment de ne pas être entendue.

À l’inverse, demander simplement « Est-ce que tu as envie d’en parler ? » peut ouvrir une porte.

Bien sûr, nous ne sommes pas des professionnels de santé et nous ne pouvons pas porter seuls les difficultés de nos proches.

Être présent ne signifie pas tout prendre en charge. Lorsque la souffrance s’installe, encourager une personne à se faire accompagner peut être essentiel.

Déconstruire les idées reçues

Même si le sujet est davantage abordé aujourd’hui, les préjugés ont la vie dure.

Parler de ses difficultés psychologiques peut encore être compliqué, par peur du regard des autres, de ne pas être compris ou d’être considéré comme fragile.

Pourtant, personne n’est à l’abri d’une période de mal-être.

Cela peut arriver à n’importe quel âge, dans n’importe quel milieu et quelle que soit sa situation personnelle ou professionnelle.

On peut avoir un travail, une famille, des amis, des projets, une vie sociale active et ne pas aller bien.

Le mal-être ne se lit pas toujours sur un visage et ne se mesure pas à ce que l’on possède ou à ce que l’on montre.

Les réseaux sociaux n’arrangent pas toujours les choses.

Entre les vies qui semblent parfaitement organisées, les sourires permanents, les réussites professionnelles et les images soigneusement sélectionnées, on pourrait finir par croire que tout le monde avance sans difficulté.

Mais la réalité est évidemment beaucoup plus nuancée.

Nous avons le droit de ne pas être au meilleur de notre forme, de traverser des moments de doute

et de ne pas avoir toujours envie de faire bonne figure.

Libérer la parole, c’est justement permettre à chacun de parler de ce qu’il ressent sans honte et sans jugement.

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La santé mentale mérite notre attention toute l’année

Prendre soin de sa santé mentale ne devrait pas être une résolution prise uniquement lorsque les choses deviennent difficiles ou à l’occasion d’une journée de sensibilisation.

C’est une attention de tous les jours.

Une façon de vivre, de se respecter, de reconnaître ses limites et de cultiver des relations qui nous font du bien.

Alors, prenons un peu plus souvent de nos nouvelles.

Accordons-nous le droit de souffler.

Apprenons à dire non sans culpabiliser et gardons du temps pour les personnes qui comptent vraiment.

Celles avec qui l’on peut rire, pleurer, parler de tout et de rien, mais aussi traverser les moments moins faciles.

Parce que prendre soin de soi, ce n’est pas fermer la porte aux autres.

C’est aussi choisir les personnes avec lesquelles on souhaite avancer.

Nous avons toutes et tous une santé mentale. Elle fluctue, évolue et mérite notre attention. Et si nous commencions par être un peu plus attentifs à nous-mêmes, mais aussi à ceux qui sont réellement là pour nous ?

Après tout, la bienveillance doit fonctionner dans les deux sens.

Besoin d’aide ou d’écoute ? Quelques ressources utiles

Si vous traversez une période difficile, si vous vous inquiétez pour un proche ou si vous avez simplement besoin de parler, plusieurs dispositifs existent. Demander de l’aide est une démarche importante et il ne faut pas attendre que la situation devienne insupportable pour franchir le pas.

  • 3114 – Numéro national de prévention du suicide : gratuit, confidentiel, accessible 24 h/24 et 7 j/7. Pour les personnes en souffrance ou inquiètes pour un proche. Site : https://3114.fr
  • Mon soutien psy : un dispositif permettant de bénéficier, sous certaines conditions, de séances chez un psychologue conventionné prises en charge par l’Assurance maladie. Informations : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy
  • Psycom : un organisme public qui propose des informations fiables pour comprendre la santé mentale, déconstruire les préjugés et trouver des ressources. Site : https://www.psycom.org
  • Fil Santé Jeunes : un service d’écoute et d’information destiné aux jeunes de 12 à 25 ans. Numéro gratuit : 0 800 235 236. Site : https://www.filsantejeunes.com

Prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi savoir vers qui se tourner lorsque l’on en ressent le besoin.

Et parfois, le premier pas est simplement d’en parler.