Écrire sur certains festivals / groupes : quand la neutralité ne doit plus exister

Il fut un temps où écrire sur la musique pouvait sembler super simple.

– (ah oui maintenant on peut plus rien dire hein vous diront les boomers) –

Parler d’un festival, d’un line-up, d’une ambiance.

Partager une découverte, recommander un événement, transmettre une émotion.

Comme si tout cela existait dans une bulle, détachée du reste.

Mais en 2026, cette idée ne tient plus vraiment et je vais vous expliquer pourquoi.

Après c’est ouvert au débat et ma pensée n’est pas universelle alors les commentaires sont ouvert tant que les propos sont respecteux.

“Ce n’est que de la musique” : une illusion confortable

On l’a tous entendu, ou peut-être même pensé :
“La musique n’est pas politique.”

C’est une phrase rassurante. Elle permet de continuer à consommer, à partager, à écrire sans trop se poser de questions. Elle crée une distance entre ce que l’on écoute et ce que cela véhicule.

Sauf que cette distance est, en réalité, artificielle.

La musique a toujours été politique. Dans ses paroles, dans ses codes, dans les scènes qu’elle crée, dans les personnes qu’elle met en avant. Penser le contraire, c’est choisir de ne pas voir.

Et aujourd’hui, ce choix devient de plus en plus difficile à justifier.

Donner de la visibilité, c’est déjà prendre position

Écrire sur un festival ou un artiste, ce n’est jamais neutre.

Même sans intention militante, même sans prise de position explicite, le simple fait de parler d’un événement, de le relayer, de le recommander, contribue à lui donner de la visibilité.

Et la visibilité, dans un monde saturé d’informations, est une ressource précieuse.

Alors forcément, une question se pose :

Que fait-on quand on sait que derrière un festival, une organisation, ou certains groupes programmés, il y a des discours problématiques, sexistes ou et même voire ouvertement f*scistes ?

Faire comme si de rien n’était ?
Se dire que “ce n’est pas notre rôle” ?
Ou continuer à écrire en séparant artificiellement la musique de ce qu’elle porte ?

Le problème du silence et du déni

Choisir de ne pas en parler, ou de minimiser, n’est pas une position neutre.

C’est une forme de tolérance implicite.

Dire “je parle juste de musique” quand des discours haineux sont présents dans l’écosystème que l’on met en lumière, c’est contribuer — même involontairement — à leur normalisation.

Le déni a longtemps servi de refuge. Il permettait d’éviter l’inconfort, les débats, les remises en question.

Mais aujourd’hui, dans un contexte où certaines idéologies gagnent du terrain, ce déni devient dangereux.

Peut-on vraiment séparer l’œuvre de l’artiste ?

La question revient souvent, et elle n’est pas simple.

Oui, il existe des cas nuancés. Oui, tout n’est pas toujours noir ou blanc.

Mais il y a aussi des situations où les choses sont claires : lorsque des artistes ou des organisations portent ouvertement des discours f*scistes, violeurs, abuseurs d’enfants etc (oui Lost Prophets, n’oublions pas),

il ne s’agit plus d’interprétation.

Dans ces cas-là, continuer à leur offrir une plateforme, même indirectement, revient à amplifier ces voix.

Et écrire sur eux, sans contextualiser, sans questionner, sans prendre de recul, c’est participer à cette amplification.

On parle là du cas de l’annulation d’un groupe dans un fest du sud de la France.
Oui l’actualité récente est ultra chargée !

Écrire, c’est choisir

Tenir un blog, une page, un média — même modeste — implique une responsabilité.

Chaque article, chaque recommandation, chaque mise en avant est un choix éditorial.

Et derrière chaque choix, il y a une ligne, consciente ou non.

En 2026, on ne peut plus vraiment prétendre ne pas savoir.

Les informations circulent. Les positions sont visibles. Les prises de parole existent.

Alors continuer à offrir de la visibilité à un événement ou à un artiste porteur de discours f*scistes, ce n’est plus une simple négligence. C’est un positionnement.

Refuser la banalisation

Le vrai danger, ce n’est pas seulement l’indulgence de ces discours. C’est leur banalisation.

C’est le moment où ils cessent de choquer.
Le moment où ils deviennent “une opinion parmi d’autres”.
Le moment où ils s’invitent dans des espaces culturels sans être questionnés.

La musique a un pouvoir immense : celui de rassembler, d’émouvoir, de créer des communautés.

Mais ce pouvoir peut aussi être utilisé pour diffuser des idées toxiques.

Et ignorer cela, c’est laisser le terrain libre et vu que l’on se sait pas de quoi demain sera fait c’est encore plus compliqué de laisser cet espace ouvert.

Une responsabilité collective

Il ne s’agit pas de pointer du doigt individuellement, ni de créer une police de la pensée.

Il s’agit simplement de reconnaître que nos choix ont un impact.

Écrire, partager, recommander — ce sont des actes qui dépassent le simple cadre personnel. Ils participent à façonner ce qui est visible, ce qui est acceptable, ce qui est valorisé.

Alors non, on ne peut plus vraiment dire :
“Ce n’est que de la musique.”

Parce que ce n’est jamais “que” de la musique.

Il y a aussi une autre zone plus inconfortable à regarder : celle des groupes qui ne portent pas eux-mêmes ces discours, mais qui acceptent malgré tout de jouer dans ces festivals.
Parce que oui, même sans adhérer directement, participer à ce type d’événement, c’est contribuer à le rendre possible.
C’est valider, au moins en partie, un cadre dans lequel ces idées coexistent et circulent.
On peut comprendre les logiques derrière — visibilité, opportunités, réseau — mais cela n’efface pas l’impact. Partager une affiche, une scène, un public, ce n’est pas neutre.
Cela participe à normaliser un espace où tout est mis sur le même plan, où des groupes engagés peuvent se retrouver à côté d’autres qui diffusent des discours problématiques.
Et au final, cela brouille les lignes, dilue les positions
et renforce un système qui aurait justement besoin d’être remis en question.

En conclusion : regarder en face

Le confort du déni est tentant. Il simplifie tout.

Mais il ne protège de rien.

Aujourd’hui, écrire sur la musique, c’est aussi accepter de regarder ce qui l’entoure. De questionner. De refuser certaines mises en avant.

Pas par posture morale, mais par cohérence.

Parce que donner de la visibilité à des discours f*scistes et autres, même indirectement, ce n’est pas neutre.

Et parce qu’à un moment, il faut choisir de quel côté on se situe.

 

Attention cet article n’est pas contre un média que j’adore et qui est constitué de personnes qui n’ont pas ces visions la et qui a maladroitement voulu faire passer la musique avant tout,

c’est une reflexion qui a germé dans ma tête depuis longtemps

et même si j’avais décidé à la base de ne pas parler de sujets politiques, je donne ici ma version des choses

qui en en accord avec mes valeurs et j’accepte de discuter sur le sujet mais respectueusement.

Même si on ne peut clairement pas dépassionner le sujet…. Je sais et c’est pour ça que de base on nous dit de taire nos opinions, de taire nos opinions politiques en entreprise, en famille etc car c’est toujours dangereux de s’exprimer sur ce genre de sujets.

 

Si je le fais ce jour c’est que j’en ai besoin, j’ai envie de dire stop à tout ça, je souhaite que notre scène soit plus propre (utopie…)

Voilà vous en faites ce que vous voulez, je pense que je vais perdre beaucoup de monde à cause de ce post

car oui en 2026 c’est souvent impopulaire hélas de prendre ce genre de position (même si ça me semble fou)

car en vrai on a tous eu les mêmes cours d’histoire, de la famille impactée etc…

Bref je laisse la plume (clavier) ici car je pourrais en parler longtemps mais au final je finirais par tourner en rond

car je suis en accord avec moi même et avec mes valeurs.