Vous connaissez mon histoire d’amour avec la marque Lush.
J’aime l’univers et aussi les parfums, je suis tombée dans Lord of Misrule et aussi dans tellement d’odeurs propres à la marque que j ne compte plus.
Mais là où je suis moins forte c’est dans les parfums. Seuls Lord Of misrule et Hello Kitty And Friends sont dans ma salle de bains.
D’ailleurs dans l’univers (un peu trop) foisonnant de la parfumerie contemporaine, certains parfums ne se contentent pas de sentir bon :
ils racontent une histoire, construisent une identité et marquent durablement la mémoire olfactive.
Karma de Lush fait indéniablement partie de ces créations.
À la croisée de la parfumerie artisanale, du parfum de niche et d’une esthétique très années 70, ce jus iconique s’est imposé comme l’un des best-sellers de la marque britannique.
Mais au-delà de sa réputation, que vaut vraiment Karma en termes de composition, de sillage et de plaisir sensoriel ?
Plongée dans un parfum qui ne laisse personne indifférent.
Une signature olfactive immédiatement reconnaissable
Dès la première vaporisation, Karma annonce la couleur, on est sur un parfum différent des parfums à la mode en ce moment.
En effet ce parfum est construit autour d’un accord de patchouli très affirmé mais il travaillé avec finesse pour éviter l’écueil du patchouli brut ou trop terreux.
Vous savez celui qui vous rammène illico dans les années 70 et peut vous rappeller un temps plus ancien, voir oppresser.
En parfumerie, le patchouli est souvent utilisé comme note de fond : il apporte profondeur, tenue et sensualité.
Ici, il joue un rôle central, presque narratif. Il structure toute la pyramide olfactive et sert de fil conducteur du début à la fin.
Mais Karma ne se limite pas à cette base boisée.
En effet l’ouverture s’articule autour d’un accord d’agrumes lumineux — orange douce et citron — qui apporte une fraîcheur vive, presque pétillante
et c’est ça qui le rend si unique !
En langage de parfumeur, on parlerait d’une « envolée hespéridée ». Concrètement, cela signifie que les premières secondes donnent une impression de fraîcheur acidulée et joyeuse, comme une écorce d’orange que l’on presse entre les doigts.
Très vite, les notes de cœur se déploient : résine de pin, lavandin et une facette légèrement épicée.
Ces éléments créent un pont entre la fraîcheur des agrumes et la chaleur du patchouli. Le parfum devient alors plus enveloppant, plus texturé. On sent apparaître un côté résineux et presque balsamique, qui évoque l’encens, les boutiques ésotériques ou encore les marchés artisanaux.
Enfin, la note de fond — dominée par le patchouli — s’installe durablement.
Elle est adoucie par une touche de fève tonka et un soupçon de douceur vanillée. Résultat : un sillage chaud, sensuel, un peu mystique, mais toujours équilibré par la fraîcheur initiale.
Une pyramide olfactive accessible… mais singulière
Pour les personnes peu familières avec le vocabulaire de la parfumerie, on peut résumer ainsi : Karma commence frais et citronné, évolue vers quelque chose de plus boisé et épicé, puis se termine sur une odeur chaude, légèrement sucrée et très enveloppante.
C’est un parfum qui évolue beaucoup sur la peau, ce qui le rend vivant.
Cette évolution est l’un de ses grands atouts.
Certains parfums restent linéaires du début à la fin. Karma, lui, raconte une progression.
Il a une vraie structure, presque comme une composition musicale : ouverture lumineuse, cœur boisé-aromatique, final chaud et persistant.
Le patchouli réinventé
Le patchouli est une matière première emblématique en parfumerie.
Très utilisé dans les années 60 et 70, il a parfois souffert d’une réputation un peu datée ou trop intense.
Lush a réussi avec Karma à le moderniser. Le patchouli utilisé ici est riche, profond, mais aussi étonnamment lumineux.
Les agrumes et les notes aromatiques l’empêchent de devenir trop sombre.
Ce travail d’équilibrage est typique d’une composition bien pensée.
On parle souvent en parfumerie d’« accord » : une combinaison de notes qui fonctionne harmonieusement.
L’accord patchouli-orange de Karma est l’un des plus réussis dans ce registre. Il crée une signature olfactive immédiatement identifiable.
Sillage et tenue : un parfum qui se fait remarquer
En termes de performance, Karma ne déçoit pas.
Son sillage — c’est-à-dire la trace olfactive qu’il laisse derrière soi — est bien présent sans être étouffant.
On est sur un parfum qui se remarque, qui attire les compliments, mais qui reste portable au quotidien.
La tenue est également très bonne.
Sur la peau, on peut facilement atteindre 6 à 8 heures, voire davantage selon la chimie cutanée.
Sur les vêtements, le patchouli et les résines peuvent persister toute la journée. C’est un parfum qui s’installe et qui accompagne réellement.
Une personnalité affirmée
Karma n’est pas un parfum discret ni consensuel. Il a du caractère.
Il plaira particulièrement aux amateurs de parfums boisés, orientaux ou résineux.
Ceux qui aiment les fragrances très fraîches et minimalistes pourraient le trouver trop présent. Mais c’est justement ce qui fait sa force : il a une identité.
Il est souvent décrit comme un parfum « bohème », « hippie chic » ou encore « spirituel ».
Ces qualificatifs ne sont pas anodins. Il évoque les encens, les voyages, les matières naturelles. Il y a une dimension presque nostalgique, mais aussi très réconfortante.
Un parfum unisexe réussi
Karma est totalement mixte. Sur une peau masculine, il peut ressortir plus boisé et résineux.
Sur une peau féminine, les agrumes et la douceur tonka peuvent prendre davantage de place.
Cette adaptabilité fait partie de son charme. C’est un parfum de peau, au sens où il interagit fortement avec la personne qui le porte.
Comparaison avec Lord of Misrule, mon parfum favori
Si Lord of Misrule est aussi votre parfum favori, la comparaison avec Karma est particulièrement intéressante, car ces deux créations de Lush partagent un ADN commun tout en proposant des expériences olfactives très différentes.
Lord of Misrule repose sur un accord épicé-sucré dominé par le patchouli, le poivre noir et la vanille.
Il est plus sombre, plus gourmand, presque liquoreux. On est sur une structure orientale gourmande avec un fond très crémeux et enveloppant.
Karma, en revanche, est plus lumineux, plus aérien dans sa construction.
Là où Lord of Misrule est nocturne, chaud et sensuel, Karma est solaire, énergique et spirituel.
Les deux partagent un patchouli central, mais leur traitement diffère : dans Lord of Misrule, le patchouli est enrobé de vanille et d’épices, ce qui le rend moelleux et presque sucré.
Dans Karma, il est éclairé par les agrumes et les résines, ce qui lui donne une facette plus sèche, plus boisée et plus vibrante.
On pourrait dire que Lord of Misrule est une couverture chaude en hiver, tandis que Karma est un manteau en mi-saison qui laisse passer la lumière.
Si vous aimez la profondeur, la gourmandise et la sensualité épicée de Lord of Misrule, vous retrouverez dans Karma la même richesse de patchouli
mais dans une version plus fraîche et plus méditative.
Les deux parfums se complètent parfaitement dans une collection : l’un pour les moments cocooning et nocturnes, l’autre pour les journées où l’on veut une aura plus lumineuse mais toujours caractérisée.
Mon avis : un incontournable pour les amateurs de parfums de caractère
Difficile de rester neutre face à Karma. C’est un parfum qui a une âme.
Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est précisément ce qui le rend attachant.
Sa composition est à la fois accessible — grâce à ses notes d’agrumes et sa douceur — et riche — grâce au patchouli et aux résines.
Il fonctionne particulièrement bien en automne et en hiver, mais peut aussi se porter en mi-saison.
Quelques vaporisations suffisent : il vaut mieux éviter d’en faire trop, car son sillage est déjà généreux.
Ce qui me séduit le plus, c’est son équilibre entre fraîcheur et profondeur.
Beaucoup de parfums patchouli sont lourds. Karma reste lumineux. Il a cette dualité entre énergie et chaleur qui le rend très addictif.
En résumé, Karma de Lush est un parfum iconique, bien construit, avec une vraie signature.
Si vous aimez les fragrances qui ont du relief, du caractère et une histoire, il mérite clairement une place dans votre collection.
Et si Lord of Misrule est déjà votre favori, Karma pourrait bien devenir son parfait complément : une autre facette du patchouli, tout aussi mémorable.
Point d’attention :
Chez Lush, le patchouli est sourcé en Indonésie (Sumatra, Java et Sulawesi).
À Sumatra, l’huile essentielle utilisée contribue à préserver la forêt tropicale et la biodiversité, notamment dans l’écosystème de Leuser, aujourd’hui menacé.
Le fournisseur partenaire travaille en permaculture et accompagne les agriculteur·rice·s locaux dans une culture régénératrice, afin de protéger cet environnement unique où cohabitent notamment orangs-outans, tigres et éléphants.
Entre succès des parfums iconiques et arrivée du patchouli dans le soin visage, cette senteur s’impose comme la signature olfactive de l’hiver chez Lush.
Et vous, vous aimez le patchouli en parfumerie ?
Vous pensez quoi de ce nouveau flacon ?














